WILL DOWNING

Rencontre à New-york avec le soulman !

Maître de la soul depuis près de quinze ans, Will Downing oscille entre funk, soul et jazz. Il est de retour avec un nouvel album : Rencontre.

Originaire de New-York, il participe à toutes les sessions de studios menées par le producteur Arthur Baker, chantant même dans le groupe de celui-ci : Wally Jump, jr. Lorsqu’il signe sur Island, Will utilise les talents d’Arthur pour produire son premier album éponyme qui sort en 1988. En 1989, il enregistre et produit un duo avec Mica Paris, « Where Is The Love », et revient avec Come Together As One. Son troisième opus, A Dream Fulfilled, qui sort en 1991 sera le plus orienté jazz. On y trouve la reprise du standard « The World Is A Ghetto » qui fait sensation en Europe.
En 1995, retour à la Soul avec Moods, sur Mercury, où l’on retrouve Gerald Albright, Jonathan Butler et Marva King en invités.
Dans le même temps, il enregistre avec Daryl Payne (« I Can’t Believe It’s Over, 1983), Marc Sadane, Warp 9, Jennifer Holiday et Alex Bugnon, entre autres.
En 1997, il revient en solo avec Invitation Only, considéré comme son plus grand album. Les œuvres suivantes auront un succès plus limité en Europe.

Date de sortie : 14 Octobre

Fonkadelica : Vous revoilà de retour avec un nouvel album très jazzy, ça fait plaisir mais pas trop peur de lasser ?

Will Downing : Non. En fait, j’ai touché à plusieurs styles. J’ai commencé dans la dance music. En Europe, vous m’avez connu grâce au groupe Wally Jump Junior & Criminal element, fondé par le maître de l’electro Arthur Baker. Mes deux premiers albums solo étaient davantage orientés vers la soul et le jazz mais restaient dance dans le fond. Ensuite, je suis resté fidèle à cette formule qui semble avoir des adeptes fidèles.

Fonkadelica : Le son dance des débuts, c’était par obligation ?

Will Downing : Non, j’aimais ça dans le temps. La Dance m’a aidé à percé et je ne vais pas cracher dans la soupe. Mais le jazz et la vraie soul, c’est ce que je veux vraiment faire. Ce qui est dommage dans l’industrie du disque, c’est que tu fais difficilement ton entrée avec le style que tu affectionnes. Il faut jouer le jeu.

Fonkadelica : Comment ça se passe avec votre maison de disques ?

Will Downing : Quand j’ai dit que je voulais garder un son ‘live’, ce qui ne se fait plus, ils ont cru que j’étais dingue. Je leur ai expliqué que je n’avais pas honte de mes premiers albums mais qu’ils se ressemblaient un peu trop et je les trouvais un peu inconsistants. A la limite, quelqu’un d’autre aurait pu les faire. J’ai fini par aller voir le directeur artistique central pour le convaincre.

Fonkadelica : Vous vous estimez comme un grand de la soul aujourd’hui ?

Will Downing : J’ai essayé d’imposer mon propre style. J’ai voulu prouver que j’avais ma place auprès des plus grands comme Luther Vandross ou Freddie Jackson. Je crois que la qualité de mon travail a été reconnu.

Fonkadelica : On a de plus en plus l’impression que chaque nouvel album est un luxe pour vous, est-ce réel ?

Will Downing : Pas un luxe, mais un vrai challenge. Il y a trop de nouveaux chanteurs dépendants de la technologie. Il y a trop de disques fabriqués sans talent. Aujourd’hui, tout n’est qu’image et marketing. Tout ces gens vendent beaucoup mais ils ne font pas vibrer les gens. C’est de la vente à court terme qui tue l’artistique.

Fonkadelica : Votre nouvel album est de la même veine que les précédents ?

Will Downing : Absolument ! Je suis depuis quelques années où je dois être. Et en plus, ça se révèle être un excellent choix commercial. Aux Etats-Unis, je vends toujours autant de disques. La preuve que mon publique est fidèle et que beaucoup se lassent des machines.

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Propos écris par Christophe AUGROS


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