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LUTHER
VANDROSS [1951-2005]
Parcours d'une étoile de la soul music
Chanteur, compositeur et producteur, Luther Ronzoni Vandross, Jr. de son vrai nom, est né le 20 avril 1951 à New York. Celui que le magazine People a surnommé "le Pavarotti de la pop" grandit à Manhattan. Dès son plus jeune âge, Luther est bercé par les chants de gospel de sa mère, par l'orchestre de son père, chanteur du groupe, et par sa soeur Patricia, membre de l'ensemble de doo-woop des Crests, qui connait un succès d'estime en 1959 avec le titre "16 candles". Très vite, les voix féminines deviennent son obsession. Il dira en 1983 : "L’étendue vocale des femmes, leur spectre, est beaucoup plus large que le nôtre. Elles sont capables de prouesses, inaccessibles pour nous".Jusqu’à l’âge de quatorze ans, ses idoles sont les Shirelles (groupe féminin du New Jersey célèbre dans les années 50 et 60) et les Supremes. Puis il découvre Dionne Warwick et c’est la révélation : "En l’écoutant, j’ai réalisé que je n’avais jamais vraiment entendu une vraie voix. C’était comme découvrir un joyau". Warwick, tout comme sa tante Cissy Houston ou Aretha Franklin et Diana Ross deviennent ses modèles. Des années plus tard, il écrira des chansons pour ces divas qu’il admire tant. Il produira également des titres pour elles et utilisera Cissy Houston comme choriste (elle est encore présente sur son dernier album, "Dance With My Father"). Toutes ces chanteuses ont participé à l’enregistrement de ses plus grands hits.
Ses premiers pas dans la chanson se font avec des amis pendant des répétitions organisées dans des appartements ou des caves d’immeubles. Rapidement, il devient membre d’un groupe dont le nom est Shades Of Jade puis il intègre une formation de seize membres baptisée Listen My Brother. Avec cette dernière, il chante pour la première fois une chanson destinée à une série télé : Sesame Street. Il se présente également à plusieurs reprises aux concours amateurs organisés à l'Apollo de Harlem, mais sans succès.
Après ces expériences, il part étudier dans le Michigan (au Western Michigan College) et y intègre la section d'ingénierie électrique. Il revient vivre avec sa mère à New York quelques temps plus tard. Là, il occupe différents postes administratifs et passe de petits jobs en petits jobs.
1974 : C’est l’année de sa vie. Il parvient tout d'abord à vendre une de ses chansons, "Everybody rejoice (a brand new day)" aux producteurs de la comédie musicale "The Wiz". Mais surtout, le guitariste Carlos Alomar, son voisin et ancien membre de Shades Of Jade l’invite à une séance studio de David Bowie à Philadelphie. La star anglaise enregistre l’album "Young Americans". Bowie est si impressionné par la voix de Luther qu’il l’utilise immédiatement comme choriste et arrangeur et qu'il enregistre "Fascination", une composition signée Vandross. Dans la foulée, Vandross monte un groupe de choristes et part en tournée pendant un an avec Bowie.
Très vite, il devient le chanteur le plus demandé en studio dans tout le pays. Grâce à Bowie, il rencontre Bette Midler, qui l'enrôle à son tour comme choriste pour son album "Songs for the new depression". Grâce à elle, il rencontre le producteur Arif Mardin (producteur de New York qui a travaillé avec Aretha Franklin, Donny Hathaway, Chaka Khan…). On l’entend aux côtés de Carly Simon, The Average White Band, Ringo Starr, Chaka Khan, Roberta Flack, Cat Stevens, Z.Z. Hill, Lou Rawls… Bref ! Il devient la coqueluche des milieux pop et black.
En 1976 et 1977, sa carrière prend un nouveau tournant. Avec Diane Sumler, Anthony Hinton, Theresa Reed et Christine Whitshire, il forme le groupe Luther. Signé sur Cotillion, sa formation sort deux albums "Luther" et "This Close to you". Si les singles "It's good for the soul pt.1" et "Funky music" arrivent à se hisser dans le top 40 soul en 1976, les deux premiers albums ne connaitront pas le même succès, en conséquence de quoi la formation décide de se séparer.
L’artiste entre alors dans une période de galère. Aucun label n’ose prendre le risque de le signer en solo. Pour vivre, il prête sa voix à de nombreux spots publicitaires pour de grandes marques telles Pepsi Cola, Burger King ou Kentucky Fried Chicken, ou AT&T. Mais Luther ne renonce pas à faire carrière dans le show business.
En effet en 1978, Quincy Jones fait appel à lui pour son album "Sounds...and stuff like that", tout comme Bernard Edwards et Nile Rodgers qui lui demandent de chanter sur des enregistrements de Chic ("Le freak") et de Sister Sledge ("We are family"). Il participe également à l'aventure du groupe italo-américain Roundtree. En parallèle, il réalise des arrangements vocaux pour Barbara Streisand et Donna Summer. Pour cette dernière, il s’occupe des voix sur le titre "No more tears (enough is enough)", N°1 des ventes pop.
En 1979, c'est la rencontre avec le groupe Change, qui marque un tournant de sa carrière. En effet, en prenant la direction du groupe dès 1980, sur certaines plages de l'album "The Glow of love" ("Searching", "The Glow of love"...), Vandross s'assure une visibilité et une réputation jusque là qui lui manquait. Grâce à ce nouveau statut, Epic décide de lui donner une chance. Cette maison de disques ne le regrettera jamais. Le contrat lui laisse toute liberté pour produire lui-même ses disques, un fait suffisamment inhabituel à l'époque.
En 1981, "Never Too Much", premier single qu’il a écrit, composé et produit, entre directement N°1 des ventes des classements soul et s'y accrochera deux semaines, alors que "Don't you know that" rentre dans le top 10 black quelques mois plus tard. Le succès ne s’arrêtera plus jamais pour le chanteur. L'album "Never too much" deviendra double disque de platine ! En 1982 sort l'album "Forever, for always, for love" (avec entre autre les titres "Bad boy", "Having a party"). A cette époque, Aretha Franklin fait appel à lui pour écrire et produire "Jump To It". Le titre sera également N°1 des ventes en 1982, le premier gros succès de la diva depuis 5 ans. En 1983 c'est au tour de "Busy body" de connaitre le succès grâce entre autre au duo enregistré avec Dionne Warwick "How many times can we say goodbye". Les ventes continuent en 1985 avec "Til my baby comes home", sur lequel on reconnait à l'orgue Billy Preston, extrait de l'album "The night I fell in love" qui deviendra double disque de platine à son tour. L'album suivant "Give me the reason", donnera trois singles qui seront classés n°1 dans les charts Black : "Give me the reason" (que l'on retrouve également sur la B.O. de Ruthless People), "Stop to love" et "There's nothing better than love" avec Gregory Hines. En fin de décennie, Luther sort l'album "Any love", dont le titre éponyme devient en 1988 un nouveau numéro 1.
Alors que jusqu'à présent il s'était attiré les faveurs d'un public quasi exclusivement afro-américain, la double-compilation "The best of Luther...The best of love" (1989) se vend à 3 millions d'exemplaires, grâce notamment à l'inédit "Here and now" qui se place à la 6ème place du Hot 100 (et n°1 des charts black), avec un Grammy à la clé. Le grand public succombe donc désormais à la Vandross mania, et l'on observera avec l'arrivée de la decénnie suivante que plus le succès sera important auprès du public blanc, plus la communauté noire se détournera de Luther.
En 1991, il sort son album "Power of love", dont le titre éponyme se place au 4ème rang du Hot 100 et lui rapporte un nouveau Grammy. En 1992, il sort en compagnie de Janet Jackson, Bell Biv DeVoe et Ralph Tresvant le morceau "Best things in life are free", extrait de la B.O. du film Mo'Money.
L'année 1993 marque une première marque d'usure avec l'album "Never Let me go" (et son single "Little miracles"). L'année suivante, le duo avec Mariah Carey "Endless love" permet de mettre en avant l'album "Songs" auprès du grand public. Fin 1995 il sort un album de Noël "This is Christmas", une tradition pour les artistes soul américains ! En 1996, "Your secret love" passe le niveau du million d'exemplaires vendus.
En 1998, Luther Vandross passe chez Virgin mais les ventes s'effritent avec l'album "I know" . Puis il change à nouveau de maison de disques et passe chez J-Records, la compagnie de Clive Davis, pour l'album "Smooth Love" en 2001.
Au printemps 2003, il est victime d'une attaque cérébrale qui le laisse dans le coma jusqu'à la sortie début juin de ce qui sera son dernier album studio, "Dance with my father". L'artiste se trouve cependant largement diminué et les problêmes de santé se succèderont. A la fin de l'année sort le live "Live at Radio City Music Hall 2003". Enfin en 2004, il renoue avec le succès en remportant le Grammy de la meilleure chanson pour "Dance with my father". Il remportera au total huit de ces récompenses musicales américaines lors de sa carrière.
Luther Vandross décède finalement le 1er juillet à l'âge de 54 ans dans un hôpital du New Jersey, entouré de sa famille et de ses amis. Il était l'un des chanteurs soul les plus populaires aux Etats-Unis et l'écho de ses funérailles, auxquelles ont participé notamment Alicia Keys, Dionne Warwick, Aretha Franklin et Stevie Wonder n'a pas manqué de le rappeler. R.I.P.
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