LUTHER VANDROSS
Discographie sélective (1976-2003)


Voici une discographie sélective (mais quasi-exhaustive) des oeuvres de Luther Vandross. Les nombreuses compilations n'ont volontairement pas été mentionnées, exception faite du best of de 1989. Certains albums sont très faciles à trouver (en vinyl ou CD), d'autres sont plus rares mais nul doute qu'avec le décès de ce grand de la soul, certaines de ses oeuvres devraient être rééditées.




Luther "Luther" (Cotillion/Atlantic)
1976

Premier album de Luther Vandross sous le nom de Luther, ensemble vocal qu'il dirige. Il signera d'ailleurs sur le label Cotilion grâce au groupe Average White Band. Deux singles de cet album "It's good for the soul" et "Funky music (a part of me)" remporteront un succès d'estime en se hissant dans le Top 40 soul. Les ventes d'album ne sont toutefois pas très bonnes.




Luther "This close to you" (Cotilion/Atlantic)
1977

Deuxième album chez Cotillion sans plus de succès mais de bons titres comme "Check 'Don't Take The Time" et "Follow Your Heart".




Change "The Glow of love" (Epic/Sony)
1980

Un classique du funk, peut-être le meilleur album de Change d'ailleurs ! Et la présence de Luther Vandross y est sans doute pour quelque chose. Cet album est rempli de tubes : "Lover's holiday", "The Glow of love", "Searching", qui ont inspirés toute une génération, et qui ont d'ailleurs été samplés des centaines de fois. Le succès de cet album représentera enfin la véritable carte de visite de Luther Vandross, qui lui permettra de trouver la confiance auprès d'Epic, pour signer son premier album solo l'année d'après : "Never too much".




"Never too much" (Epic/Sony)
1981

Tout comme son album avec Change, ce premier veritable opus solo est indispensable dans votre discothèque. On y trouve déjà la pâte Vandross : harmonies vocales de qualité, mélodies facilement identifiables et enregistrables, hômmage aux femmes et à l'amour et tubes dancefloor ! Le titre éponyme "Never too much" a bien sûr fait le tour du monde ! Mais on retrouve également quelques perles comme "She's a super lady" ou "Sugar & Spice" qui en font une oeuvre à part entière. Le début d'une longue carrière en solo !




"Forever, for Always, for Love" (Epic/Sony)
1982

Deuxième album solo pour Luther qui reprend les mêmes ingrédients mais qui annonce plus clairement son côté lover. La pochette et le titre de l'album en sont le plus bel exemple, mais aussi les registres évoqués dans les chansons : "Better love", "She loves me back", "Promise me"... Reste quelques bons up tempo comme "Bad Boy/Having a party". 1982 reste aussi une année très prolifique pour Luther qui produira l'album de Cheryl Lynn "Instant love" et qui interprètera aussi une reprise de Tammi Terrel et Marvin Gaye : "If this world were mine".




"Busy Body" (Epic/Sony)
1983

Avec cet album, Luther Vandross continue à proposer sa recette miracle : une pincée de chansons d'amour, une pincée de titres plus dancefloor et le tour est joué. Dans la même lignée que les deux premiers albums.




"The Night I Fell In Love" (Epic/Sony)
1985

Sur cet album, le duo Marcus Miller/Luther Vandross fonctionne à merveille. Le tube de l’album, en Angleterre comme en France cette année-là, sera "It’s Over Now". Sur cet opus, on trouve également quelques grandes ballades, parmi les plus belles de l’artiste. "My Sensitivity" ou "Other Side Of The World" sont des classiques du genre, intemporelles, hors des modes. La qualité technique également. On la doit à la présence de très grands musiciens de l’époque : Doc Powell (grand guitariste de Detroit, présent sur nombre d'albums funk des années 80), Nat Adderley, Jr. (joueur de claviers omniprésent à l'époque), Fonzi Thornton (chanteur de New York, choriste pour B.B. & Q.Band, Chic, High Fashion, Al Jarreau, Aretha Franklin…) et les choristes féminines (Cissy Houston, Lisa Fisher). Un indispensable!

1985, date de sortie de cet œuvre, sera également une grande année pour le tandem. C’est l’année du «Do You Really Love Your Baby» des Temptations, co-écrit par Vandross et produit par Miller qui, là encore, nous gratifie d’un superbe jeu de basse.




"Give me the reason" (Epic/Sony)
1986

Cinquième album sous son nom Luther Vandross. Bien que n'étant pas un classique comme "Never too much" ou " "Forever, for always, for love", il n'en reste pas moins un bon disque avec des titres inétressants comme "Stop to love". Un mélange de ballades et de morceaux plus dancefloor et même une reprise de Dionne Warwick. Un bon divertissement.




"Any love" (Epic/Sony)
1988

Cet album figure sur le podium des grandes œuvres de l’artiste. Là encore, l’explication se trouve dans l’association Miller/Vandross, mais pas uniquement. David Gamson (ancien membre de Scritti Politti et grand joueur de claviers) a ici un rôle déterminant. On lui doit tout de même «Come Back», le titre up-tempo le plus réussi de l’album. Vocalement, l’opus est un chef d’œuvre. Banalité lorsqu’il s’agit de Luther mais c’est encore plus vrai sur Any Love. "For You To Love", "Are You Gonna Love Me", "Any Love", "I Wonder"… Il y a pléthore de grands titres. Vous avez ici la dernière œuvre de l’artiste où l’acoustique l’emporte sur les machines, où la production ne noie pas la simplicité de l’écriture et de l’interprétation. "Any Love" marquera l’année 1988. Un grand, très grand disque de Vandross.




"The best of Luther Vandross...The best of love" (Epic/Sony)
1989

Ce best of sera vendu à 3 millions d'exemplaires ! Un double album qui permet de découvrir (ou redécouvrir) les plus grands hits de Luther au cours de la décennie 80 (y compris à travers son passage dans le groupe Change). On y trouve en outre deux inédits "Here and now" (qui sera 6ème au Hot 100) et "Treat you". A noter qu'un volume 2 sortira en 1997, intitulé "One night with you".




"Power Of Love" (Epic/Sony)
1991

Ici, le son est beaucoup plus synthétique. Mais la voix, ainsi que la beauté des mélodies, restent inchangées : l’essentiel est toujours là ! Le titre "Power Of Love/Love Power" en est la preuve. Le chanteur a même l’idée géniale d’utiliser une chorale gospel pour appuyer son timbre de voix unique: un grand moment. En pleine période new jack, genre très urbain, il faut savoir s’adapter : Vandross réussit ce pari avec "The Rush" et sa programmation très mécanique.
Hormis ces deux titres up-tempo, le reste de l’album est composé de ballades. Le duo avec Martha Wash "I Who Have Nothing" (reprise d’une chanson sortie en 1961), est un grand moment de plaisir et de prouesses vocales.

Une fois encore, la crème des musiciens de studios entoure l’artiste : Paul Jackson Jr. (guitariste de Los Angeles, incontournable dans les années 70 et 80 dans les milieux jazz et funk), Hubert Eaves III (claviers et programmations, grand musicien de New York et père de Hubert Eaves Jr qui produira le fameux D-Train), Kirk Whalum (saxophoniste très prolifique dans le jazz et le funk des années 80), Tawatha Agee (chanteuse de New York, membre du groupe Mtume et déjà choriste pour D.Sanborn, Kashif, Al Jarreau, BB&Q Band….) et les fidèles tels Marcus Miller, Fonzi Thornton, Cissy Houston ou Kevin Owens.




"Never let me go" (Epic/Sony)
1993

Un album qui rayonne d'optimisme, et une fois de plus le travail de Luther Vandross avec Marcus Miller en co-producteur fonctionne à merveille. Comme sur chaque album, Vandross inclut un hommage à ses racines musicales, et cette fois c'est un hômmage au Bee Gees et aux Spinners avec "how deep si your love/Love don't love nobody", et également à Johnny Ace avec "Never let me go". Ce que recherche les fans est toujours présent : cette voix qui raconte l'amour toujours et toujours et de façon intemporelle ! Album dispensable cependant.




"Songs" (Epic/Sony)
1994

Un album qui a dû son succès au tube "Endless love" avec Mariah Carey, et aux reprises de "Killing me softly" de Roberta Flack et "Ain't no stoppin' us now" de McFadden & Whitehead. Un succès (relatif) dans les charts mais un intérêt artistique moindre.




"This is Christmas" (Epic/Sony)
1995

C'est une tradition américaine chez les artistes soul R&B : sortir son disque de Noël ! Luther Vandross y viendra sur le tard mais en sortira deux ! (l'autre étant "Home for Christmas" en 2001). A réserver aux fans ultra et à ceux qui sont fans des chants de Noël...




"Your secret love" (Epic/Sony)
1996

L'album qui scelle sa collaboration de quinze ans avec Epic. Il saura une fois de plus trouver ses fans et ce malgré une légère baisse de popularité. L'album sera quand même n°9 dans le Hot 200 et deviendra disque de platine. Le tube "Your secret love" trouvera la 52ème place des charts pop et la 5ème place des chart R&B, et "I can't make it better" la 80ème place pour les charts pop et la 15ème place pour les charts R&B. On est ici loin du Luther des années 80, et l'on passera poliment son chemin.




"I Know" (Virgin)
1998

Première surprise: Luther n’est plus chez Epic, label sur lequel il avait signé en 1981, auquel il avait rapporté de multiples disques de platine. Deuxième surprise: On trouve plus de featurings que sur les albums précédents (Stevie Wonder, Cassandra Wilson, Bob James, Guru, rien que ça!). Troisième surprise : Si Marcus Miller participe encore activement à l’écriture, il s’éloigne encore un peu plus de la production. Louis Vega et Kenny Dope Gonzales (en d’autres mots les Masters At Work) et Rodney Jerkins (producteur superstar du R&B) font une entrée remarquée.
La séparation avec Epic, et peut être ses problèmes de santé naissants, donnent à l’artiste une dimension religieuse jamais vue jusqu’ici. C’est flagrant sur la somptueuse et émouvante ballade "Keeping My Faith In You" (dont le texte peut s’adresser à la fois à une femme et à Dieu) ou sur le mid-tempo "Religion". "Nights In Harlem", dans sa version classique ou remixée par Rodney Jerkins avec Guru (leader et membre du groupe rap Gangstarr) en invité, est un essai réussi. Pour la première fois, Luther s’essaie au hip-hop/R&B. La voix de Guru associée au sons des violons et à la voix de Vandross font de ce titre une réussite totale. Concernant l’équipe de musiciens, le vieil adage "On ne change pas une équipe qui gagne" se vérifie ici à merveille.
Après quelques disques très moyens, "I Know" marquait le retour de la star sur le devant de la scène et dans le cœur de ses fans. Un grand cru !




"Smooth love" (AMW)
2000

Nouveau changement de label et difficulté de distribution pour cet album qui ne trouvera pas de grands échos et passera relativement inaperçu. C'est d'autant plus étonnant que la soul est à nouveau à l'honneur en ce début de millénaire mais pour une fois Luther n'est pas au bon endroit au bon moment. Une petite baisse de régime ceci dit bien légitime après deux décennies de succès !




"Luther Vandross" (J-Records/BMG)
2001

Arrivée au sein du label naissant du vétéran Clive Davis en 2001, qui signera d'autres artistes préstigieux. Les fans apprécient toujours avec plaisir sa voix chaude et sensuelle sur des mélodies soul, R&B et groovy. Un album pour ceux qui sont tombés dedans il y a longtemps, et qui annonce le regain de créativité de "Dance with my father".




"Home for Christmas" (Sony)
2001

Sony profite de la forme retrouvée de Luther pour sortir ce nouvel album de Noël somme toute assez anécdotique et difficilement trouvable d'ailleurs. A réserver là encore aux fans du chanteur qui ne veulent pas rater une seule de ses livraisons.




"Dance With My Father" (J-Records/BMG)
2003

Le grand Luther est de retour, et de quelle façon ! Le grand vocaliste soul des années 80, et ancien chanteur du groupe funk Change, n’a cessé de nous surprendre. Nombreux sont ceux qui ont, à maintes reprises, annoncé sa mort artistique. Certes, le dernier album en date n’était pas un chef d’œuvre, mais Clive Davis, patron du label J Records et grand directeur artistique a pris les choses en main. On trouve ici l’une des plus somptueuses ballades du chanteur, "If I Didn’t Know Better", qui touche vos émotions en profondeur par la beauté de l’interprétation, des chœurs et de la mélodie. La présence de Cissy Houston (mère de Whitney), Tawatha Agee (ex chanteuse du groupe M Tume) et de Cindy Mizell (choriste pour Freddie Jackson, Najee, D-Train, Chic…) dans les chœurs explique la qualité de l’ensemble. Luther a aussi su s’entourer du gratin hip-hop et R&B : La jeune rappeuse Foxy Brown, la chanteuse R&B Beyoncé et les rappeurs Busta Rhymes et Queen Latifah lui ont apporté une aide précieuse. Son acolyte Marcus Miller, bien que très en retrait par rapport à la période d’or de l’artiste, est encore là. On lui doit le titre "She saw you". Tous ces éléments font de "Dance with my father" un opus des plus réussis qui remportera en sus un Grammy en 2004.




"Live 2003 : Radio City Music Hall" (J-Records/BMG)
2003

L'ultime album officiel de Luther Vandross est un live et pas des moindres ! On se demande d'ailleurs pourquoi il fallu attendre aussi longtemps pour qu'un live puisse enfin voir le jour. La voix du maitre prend ici toute son ampleur. Les tubes 80's sont privilégiés ("Never too much", "The glow of love", "Stop to love", "Here and now"...), de quoi ravir les fans du début. Un incontournable, sans aucun doute autant pour l'objet que pour l'émotion dégagé par celui-ci !

Chroniques Christophe Augros & Boogie Bass

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