Soul Power ‘74

Fonkadelica ne pouvait pas passer à côté de ce fabuleux FILM sans vous en toucher deux mots !

Un film de Jeffrey Levy-Hinte
Avec James Brown, Muhammad Ali, B.B King, Bill Withers, Celia Cruz, The Spinners...
Durée: 1h33

EN SALLE (juin 2009) - En DVD (Novembre 2009)

Kinshasa, Zaïre, en 1974. C’est l’année où est organisée la rencontre entre Mohammed Ali et George Foreman, pour le titre de champion du monde des poids lourds. Mohammed Ali a personnellement insisté pour que le combat ait lieu en Afrique, en ces années où le mouvement tiers-mondiste est encore fort et où la lutte contre la ségrégation et pour la mise en avant de la « culture noire » bat son plein aux Etats-Unis. Dans ce contexte, on décide d’organiser pour fêter l’événement un grand festival de musique réunissant les plus grands artistes d’origine africaine du monde. Beaucoup d’entre eux sont alors très concernés par la question des origines du peuple noir, l’Afrique, notamment parmi les afro-américains. L’offre séduit donc un nombre assez impressionnant de grands de la musique, essentiellement soul.

La liste des participants suffit à donner une idée de l’importance et de la qualité de l’événement : The Spinners, Bill Withers, The Crusaders, Célia Cruz & les Fania All-Stars, Sister Sledge, Miriam « Mama Africa » Makeeba, B.B. King, et un James Brown plus déjanté que jamais. La production décide d’engager une équipe de réalisateur pour filmer les concerts. Dieu les en remercie ! Le film Soul Power, sorti le 10 juin dernier, est un miracle.


Les réalisateurs saisissent le moindre moment fort du festival, et montent les séquences avec poésie et humour. Des petites choses, un enfant qui essaye de marcher sur une tâche de lumière dirigée par un ingé-lumière qui a l’air de trouver le jeu marrant, la fête dans l’avion en route pour Kinshasa, où encore cette très belle scène où Manu Dibango hypnotise une troupe d’enfant qui l’écoutait jouer de son saxo soprano, comme un charmeur de serpent.
Ensuite viennent les séquences musicales à proprement parler. Une chanson de chacun des artistes présents. Les plus remarquables : « The Thrill Is Gone », de BB King, qui alterne les séquences jouées sur sa grande guitare blues et celles chantées de sa voix magnifique. Bill Withers se met quant à lui tout seul sur un tabouret, avec sa guitare. Seulement trois notes répétées en accompagnement, et sa voix par-dessus crie l’amour qu’il porte à une femme qui l’a quitté. Un accompagnement aussi restreint, aussi absent, ça en devient intéressant parce qu’il s’agit presque de s’en débarrasser, de retirer tout l’inessentiel pour chanter en toute sincérité, et en toute simplicité. Si vous ne criez pas au scandale, vous allez comme moi trouver le morceau magnifique.
Et puis, le dernier set, celui de James Brown, qui est au top de sa forme, bien que moustachu et portant dans une combinaison qui a pris un sacré coup de vieux.

Toutes ces scènes délicieuses sont entrecoupées de déclarations de Mohammed Ali et des musiciens présents, sur le racisme, la ségrégation raciale aux USA et les origines africaines de la population noire. Ce qui est vraiment frappant, c’est de voir à quel point il s’agit pour tous ces artistes, a priori bien intégrés à la société américaine, d’un « retour à la maison », une maison qu’ils auraient quitté il y a bien longtemps, la maison Afrique.
C’est Bill Withers qui le dit le mieux : partant d’une culture commune, certains ont été réduits en esclavage et amenés dans les colonies, où ils ont découvert d’autres horizons musicaux et culturels. Ceux restés en Afrique, de leur côté, ont évolué. Il s’agit dans le cadre du festival, de confronter ces deux évolutions parallèles.
Le résultat est à la hauteur des espérances. Soul Power est grand film sur les musiques noires.

Manu Tvoski


VIDEOS

Fred WESLEY on Soul power :

 

TRAILER

 

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