Solomon Burke LIVE

à la Cigale (Paris) le 5 Octobre 2002

Après avoir écouté l'album de son retour ("Don't give up on me", sorti en juillet dernier), j'étais convaincu que Solomon Burke allait donner le meilleur de lui-même lors de cette unique date en France. Les journalistes amoureux de la soul (Vibrations, Nouvel Obs, Liberation, ...) étaient aussi gagnés par la fièvre, persuadés d'assister ce soir là à la renaissance d'une des plus grandes voix de la musique noire américaine.

Et effectivement, c'est ce qu'il se passa. Je ne compte plus les moments ou mes poils se sont hérissés, ou les larmes me sont montées aux yeux, ou l'émotion était tellement forte que j'en étais étourdi. La soul music venait de me prendre intimement, comme dans une merveilleuse messe gospel. Je crois au Dieu de la Soul, celui qui transforme ces chanteurs en prédicateurs de l'amour, le véritable amour. Et Solomon Burke était le messie que j'attendais.
10 musiciens sur scène (dont une harpiste, la classe!!), 2 choristes (dont son fils, qui l'épongeait et lui apportait une tasse de lait chaud au miel entre chaque chanson), et LUI, dans son trône rouge, ses 150 kilos de soul face au public.

Son arrivée fut digne des rois: drappé dans une grande cape en or, appuyé sur son trompettiste en costume blanc et son fils, il posa sa voix sur un blues puissant, et mit aussitôt l'ambiance: chaude!!! Et dès qu'il chanta "Soul searchin'", appuyé par une section cuivre digne des Memphis Horns, je décollais pour la ??? fois. La chanson que Tom Waits lui a écrit, "Diamond in your mind", était comme une chanson de Noël. Ses versions de "Dock of the bay" (Otis Redding) et "Stand by me" (Ben E King) étaient lumineuses. Et "Everybody needs somebody to love" (qu'il popularisa en 1964) était bien meilleure que la reprise des Blues Brothers.

Il chanta ses ballades, tout en offrant des roses aux femmes des premiers rangs, après leur avoir donné un baiser (aux roses). Et puis, excité d'être là, aimé par le public français, il demanda s'il voulait une chanson. Quelqu'un lança "Got to get you off my mind", et il partit au quart de tour, porté par ses musiciens, dont certains étaient des compagnons de longue date. Et pour finir en beauté, après 1h30 de spectacle, il voulut voir "how Paris rocks", et il se lança dans un medley rock n'roll, façon New Orleans, avec "Rock around the clock" de Bill Haley enchainé à "Tutti frutti" de Little Richard. Son fils fit monter une vingtaine de filles sur scène, autour du King, qui dansaient frénétiquement, tandis que le guitariste et les cuivres firent hurler leurs instruments.
Et voilà. A 22h30, c'était fini. Je quittais la salle, un sourire béat sur les lèvres. Et dans la rue, j'entendis une femme dire à son mari: "Tu vois, tu regrettes moins de ne jamais avoir vu Otis Redding!"


ALBUM : Celui que l'on nomme le roi de la soul (il aurait inventé le terme en 1961) est de retour avec un nouvel album "Don't give up on" (Fat Possum/Pias). Les influences soul, folk et blues se font sentir tout au long de cet album et sa voix n'a pas pris une ride ! Comme quoi à 67 ans on peut encore montrer aux petits jeunes (de la nu-soul !) ce dont on est capable ! Magistral !

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Propos écris par ZEBRA


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