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Festival Solidays : dimanche 8 juillet 2001
Cette année les organisateurs du Festival Solidays avaient eu le bonne idée de programmer des artistes de haute facture, pour nous amateurs de funk. Jugez plutôt : Ceux Qui Marchent Debout, Juan Rozoff (le samedi), F.F.F, Brooklyn Funk Essentials, Macéo Parker, Kool & The Gang et George Clinton & The P-Funk Allstars. Un festival annoncé donc haut en couleur et particulièrement groovy. C’est donc arrivé avec un peu d’avance qu’une partie du crew de Fonkadelica (en l’occurrence Funkygirl et moi-même) avions décidé de ne pas manquer une miette de cet évènement. Malheureusement malgré cette affiche alléchante, les concerts répartis sur 3 scènes, nous obligeaient pour le début de l’après-midi à jongler entre les shows sans pouvoir assister à l’intégralité des prestations. Le premier concert à 14h était un concert de reggae : celui de Patrice. Même si ce n’est pas ce qui nous intéresse ici, il faut quand même dire que c’était bien ficelé et du reggae de bonne qualité. De plus il fit un petit clin d’œil funk en utilisant la ligne de basse du « Don’t look any further » de Dennis Edwards sur un de ces riddims. Les choses sérieuses commencèrent pour nous à 15h avec les Brooklyn Funk Essentials. La maison de disque dit de façon outrancière que ce sont les descendants de Macéo Parker et de Parliament ! Sans aller jusque là, il faut quand même avouer que le groupe dégage un charisme certain sur scéne et nous donne irrésistiblement l’envie de bouger. Rappelons que ce groupe new-yorkais de soul/funk/raggae/ska/latino débuta dans la vague Acid Jazz en 1994 avec l’album « Cool and steady and easy » (sur lequel figurait d’ailleurs un featuring avec Macéo Parker sur le titre « Blow your brains out »), puis sorti un album d’inspiration orientale en 1998 « In the buzzbag » (enregistré en Turquie) et enfin l’année dernière l’excellent « Make them like it » aussi éclectique qu’intéressant. Un bon set donc qu’il a fallu que je zappe pour aller voir nos français de Ceux Qui Marchent Debout.
Les CQMD, étaient installés sous la scène du dôme, et le moins que l’on puisse dire c’est que c’était trop petit pour accueillir tous les fans du groupe. Les ayant déjà vu plusieurs fois en concert je peux vous dire qu’il ont véritablement mis le feu ! Reprenant des classiques de leurs trois premiers albums, la fanfare funk parisienne a aussi passé en revue deux morceaux de son dernier album « funky stuff in a reggae style », les reprises de « That the way i like it » de Kc & The Sunshine Band et « A real mother for ya « de Johnny Guitar Watson. Terminant leur show par un bain de foule comme à leur habitude (c’est leur fonds de commerce !) et par le titre « Lala lalalala », les CQMD ont fait ce jour là de nouveaux convertis c’est sur ! (voir interview de CQMD ).
Le show terminé des CQMD (à 16h30), il fallait attendre 1h30 avant de voir George Clinton sur la plus grande scène. Ayant perdu Funkygirl, partie entre temps voir la fin du concert de Brooklyn Funk Essential, je me suis dirigé tout tranquillement vers la scène ou le Grand George allait jouer. Le groupe antillais de zouk, Kassav y jouait et ma fois ça le faisait bien, les amateurs de t’punch ont du y trouver leur compte ! Une fois le groupe et le gros de la foule partie, et après avoir retrouvé mes acolytes, nous avons décidé de nous installer juste devant la scène. Petit à petit les amateurs de funk se sont entassé, certains ayant des t-shirts Parliament d’autre commençant à chantonner des classiques du roi du P-Funk, l’ambiance était plutôt bonne enfant. Un mec à côté de moi était complètement excité à l’idée de voir George Clinton sur scène : « mais tu te rends compte, man c’est la première fois que je le vois ! » Au vu de son excitation pour cet évènement j’en ai profiter pour lui parler de Fonkadelica et pour distribuer quelques tracts dans la foule. Au moins je ne pouvais pas me tromper de cible ! Alors que le concert était déjà en retard sur l’horaire prévu et que le staff de Clinton installait le matériel avec une décontraction déconcertante, les équipes techniques et les organisateurs du festival commençaient eux à s’arracher les cheveux ! Ce qui rendait une partie des premiers rangs hilares, voyant bien que de toute façon ce ne servait à rien de s’énerver. Dans le fossé, entre la scène et le public, Blaise Schmitter (Alias Wonder B , rédacteur en chef du magazine Funk-U magazine et vice-président du Mothership Funk Club voir ici) se préparait à prendre des photos du show. C’est vraiment le lieu où il fallait être ce jour là ! C’est donc avec ¼ d’heure de retard (ce qui peut paraître peu pour un concert classique, mais ici tout était chronométré à la minute près !) que le concert a enfin débuté. C’est au son de « Cosmic Slop » que l’ensemble du P-Funk All Stars (plus de 20 personnes) est monté sur la scène, mené de main de maître par le riff de la guitare de Gary Shider, une fois de plus accoutré de sa serviette en forme de couche culotte. Les premières notes à peine retenties les funkateers avaient déjà les mains levés (et les doigts du P-Funk) vers le ciel et commençaient à « jumper » dans tous les sens (j’en faisait aussi partie ! ). Pas le temps de se chauffer de toute façon le set allait être court et il fallait être opérationnel dès le départ ! Cinq minutes plus tard George Clinton arrive sur la scène tel un messie, couvert d’une toge à capuche (à mi-chemin entre la tenue d’un boxeur qui arrive sur le ring et Merlin l’Enchanteur !). La foule hurle de plaisir à l’arrivée du King of P-Funk. Après donc un Cosmic Slop mémorable d’environ un quart d’heure, George calma la foule avec un interlude, pour mieux nous chauffer par la suite. C’est en scandant à la foule « Do you want funk ? » que le vaisseau-mère allait prendre sa vitesse de croisière ! Mais bien sûr qu’on en voulait du funk ! Bordel on était venu pour ça , non ? « We want the funk ! » répondaient la foule plusieurs fois. Et c’était partie pour un « Tear The Roof the Sucker (Give up the funk) » du plus bel effet.enchainé comme il se doit par « Night of the thumpasorus peoples ». Après ces vingt minutes de bonheur ils enchainèrent sur « Flashlight » (merci pour le clin d’œil George, n’oubliez pas chers lecteurs que c’est le générique de votre site préféré ! ). En milieu de morceau Macéo Parker fit une apparition pour chanter quelques secondes le refrain de « Flashlight », et pour nous faire regretter encore plus que ces deux monstres du funk ne se soit pas unies pour faire un show funk exceptionnel de trois heures ! Affublé de sa casquette au signe du Love Symbol (j’en connais qui auraient appréciés !), Macéo est repartie aussi vite qu’il était arrivé mais on savait que son départ n’était que momentané. On eu le droit ensuite à « Knee Deep », avec toujours autant d’entrain et de joie pour les spectateurs. Mais comme le groupe avait commencé ¼ d’heure en retard, et que l’heure disponible pour le groupe était bientôt terminée, les organisateurs commençaient à expliquer au groupe, qu’il allait falloir terminer. Faisant mine de rien le groupe continua sur « Atomic Dog » pour un final qui de toute façon allait être trop court pour le groupe et pour le public. Mais c’est à gorge déployé que le public chanta le refrain d’ « Atomic » et son « ouah ouah youpi ya youpi yé ». Le groupe partit donc sous l’ovation du public avec un sentiment de frustration partagé des deux côtés. D’ailleurs trois jours après George Clinton et les P-Funk Allstars étaient à Bruxelle pour un concert de 4h30 histoire de se venger de Solidays !
A peine sorti de ce moment inoubliable, (court mais intense), j’ai décidé d’aller me dégourdir les jambes et de profiter du début du concert de F.F.F sur la scène du Dôme. Marco Prince avait l’air en forme dopé par le public et le concert de Clinton auquel il venait d’assister juste avant sur le côté de la scène avec Yarol. En commençant par « le pire et le meilleur » le groupe annonçait un set sans concession pour le plus grand plaisir des spectateurs présents.
Malheureusement le concert de Macéo m’obligea au bout de quelques chansons à retourner vers le devant de la scène principale. Commençant à l’heure et habillé très classe, Macéo Parker nous proposa un show d’une heure de grande qualité, variant les morceaux des deux derniers albums mais aussi des classiques de la période James Brown et JB’s. Alors dans le désordre quelques idées sur le tracklisting : « Pass the peas », « Rabbits in the pea patch », « Baby Knows » (la reprise de Prince), « Think » (la reprise de Lyn Collins interprétée par sa choriste "Marva" quasiment comme à l’identique), « Macéo’s groove », « Make it funky », « Shake everything you’ve got » « We gonna have a funky good time », que des tubes je vous dis ! Un de ses choristes au look très 80’s n’hésita pas à faire une petite parodie chorégraphique de Michaël Jackson bien sentie, histoire de nous montrer que Macéo et son groupe étaient aussi là pour s’amuser ! Seule une ballade de milieu de set permis de calmer un peu le groove et de montrer une fois de plus la virtuosité de ce saxophoniste de talent ! (fallait-il le démontrer !). En tous cas une fois de plus il a su conquérir le cœur du public. Et puis rappelons quand même que c’est un des rares artistes funk américain à ne pas snober l’Europe et à faire plusieurs dates entre autre dans toute la France. (mais c’est vrai qu’il est signé sur le label français Cream Record). En tous cas ce fut une bonne prestation même si on sentait là aussi une certaine frustration de jouer aussi peu, lui aussi étant habitué à de shows d’au moins 2h30. Mais la surprise de ce festival , c’était quand même de mettre en tête d’affiche Kool & the Gang ! Eh oui quelle drôle d’idée après tout , le groupe n’avait pas d’actualité ou de promotion d’album à faire (sauf si on inclut leurs compilations/best of qui ressortent tous les ans !). La question qui était dans toutes les têtes c’était de savoir si J.T Taylor (leader et chanteur emblématique du groupe dans la fin des 70’s , début des 80’s) allait être sur scène. Car rappelons nous que sur le dernier album sorti en 1996 (avec le presque tube « in the hood ») il était présent. Le show commença par une entrée à l’américaine avec fumée et jeux de lumières éblouissants. (nous qui étions tout devant on en prenait plein la tête !). Le groupe arriva en tenue hyper kitch, style chemises brillantes des années 80’s et cheveux gominés et le tout en effectuant une chorégraphie de rigueur ! (on ne les avait pas sortis du congélateur depuis 15 ans ou quoi ?). Mais J.T Taylor n’était pas de la partie (ou de la party comme vous voulez). Dômmage ! En commençant par « Emergency » , le groupe enchaîna alors plus d’une heure de tubes archi connus de leur répertoire, chantés la plupart du temps en cœur par le public. Alors dans le désordre : « Ladies night », « Get down on it », « Cherish », « Tonight », « Célébration », « Oh la la la (let’s go dancing), « Fresh », « Forever »…entrecoupés au milieu par « Hollywood swinging » et « Jungle Boogie » deux titres 70’s, remis au gôut du jour ces dernières années grâce au Hip Hop pour le premier et la B.O.F de « Pulp Fiction » pour le deuxième. Un jeune rappeur d’ailleurs est venu faire une apparition sur « Jungle Boogie », n’ayant pas retenu son nom, je sais qu’il a sorti un titre avec le sample de celui-ci. (on nous passera d’ailleurs le morceau dans son intégralité à la fin du concert histoire de nous rappeler que le disque est dans les bacs !). Rappelés par les organisateurs de Solidays pour un dernier titre « Misled » , c’est une véritable ovation que reçurent les Kool & the Gang ! Si ça fait sourire certain il est indéniable que leurs tubes imparables font toujours mouche dans les soirées de France et de Navarre, et de la soirée funk parisienne la plus pointue (le DJ jouera plutôt un morceau des 70’s dans ces cas là) à la soirée disco de Tartourelle-sous-Meuse, un bon Kool & The Gang reste toujours une valeur sure ! En tous cas c’est complètement fourbu que nous sommes rentrés après presque 10h de décibels funky dans les oreilles ! Merci à Solidays et à tous ceux qui pensent que le funk a encore sa place dans les festivals et à l’année prochaine si l’affiche est aussi bonne ! Bogibass pour Fonkadelica, le 21/07/01 MACEO PARKER : Aux vieilles Charrues de Carhaix, en Bretagne, le 22/07/01 :
Comme pour les solidays, Maceo fut grandiose ! Une set très serré et très speed (1h15)... mais qui ravie les milliers de bretons présents. Maceo ne s'est pas débinné, loin de là, devant un public définitivement "rock". Seul à représenter la fonky-groove attitude, il enchanta la foule ! Une ambiance de feu. Tout sourire, Maceo nous gratifia de son set des Solidays avec un exellent "Give me some more" des JB's et une superbe reprise du "Make it funky" de James B. Il se permit même 10 min de rabe, faisant patienter le groupe placebo dans les coulisses. Maceo est un monstre du funk ... un exellent représentant, fier de l'être, et je vous assure ... "çà fait un bien fou ! " :+)) vive Maceo ! Mpls
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