SLY AND THE FAMILY STONE

LIVE PARIS 23 juillet 2007

RETOUR DU FUNKIER - IMPRESSIONS ET IMAGES

Nous devions revenir sur cet événement majeur, et en beauté !

Paris, le 23 juillet 2007 à 19h30. Devant l’Olympia plus d’une centaine de personnes patientent déjà, leur sésame à la main.

Ceux qui ont préféré arriver suffisamment en avance afin d’être au plus près de la scène, ont aussi la chance d’admirer les « Shaolin Temple Defenders ». Emmanuel Guérin, leur chanteur, les rejoint après deux titres instrumentaux. Il est un peu plus de 20h30 lorsque Martha High (ex choriste des JB’s pendant plus de 25 ans mais aussi de B.B. King, Aretha Franklin, Stevie Wonder, etc) les rejoint et illumine la salle de l’Olympia, en interprétant notamment, avec le chanteur des Shaolin Temple Defenders, une magnifique version de « Summertime ». Après environ trois quarts d’heure de concert et de vibrant hommage à son mentor James Brown décédé quelques mois plus tôt, la superbe Martha High quitte la scène, sous les vifs applaudissements des spectateurs déjà nombreux, agrippés à la barrière, et qui patienteront encore de nombreuses minutes jusqu’à l’entrée en scène de la Famille…

Composés de huit musiciens (4 cuivres dont la seule rescapée de la famille Cynthia Robinson, un guitariste, un bassiste, un batteur et un claviériste), et de trois choristes, The Family Stone apparaît sous les projecteurs et les acclamations d’un public impatient.

Il faut encore attendre une vingtaine de minutes avant que Sly n’arrive sur scène. Mais l’attente est de grande qualité tant les musiciens et les choristes enchaînent quelques morceaux qui ravissent le public, comme « Somebody’s Watching You » ou encore « Dance to the Music ».

Le déjanté Sylvester se présente alors, vêtu d’un survêtement noir qui pourrait contenir quatre génies de la funk et sur lequel sont cousus les blasons de toutes les équipes de basket-ball des Etats-Unis. Lunettes noires et coupe afro, Sly parcourt la scène les bras levés, la tête basse. D’un pas hasardeux, il parvient jusqu’à ses claviers, attrape son micro qu’il tient à deux mains, et entonne d’une voix chevrotante « If You Want Me To Stay ». On retrouve alors un Sly que l’on aime sur le titre suivant « Sing a Simple Song », arpentant la scène de long en large, se prenant à danser quelque fois, mais nous sommes bien loin de l’époque où il rythmaient ses pas sur les breaks de batterie. Et c’est non sans surprise qu’il nous annonce à la fin du morceau qu’il doit nous quitter quelques instants pour satisfaire une « soi-disante » envie pressante..

Les musiciens et choristes "meublent" pendant son absence et il est important de souligner leurs performances car ce sont eux qui assurent la crédibilité de l’événement. Sly revient donc de longues minutes plus tard, pour interpréter « Family Affair », puis « I want to take you higher ». Juste avant d’atteindre les deux minutes de ce morceau, Sly s’excuse encore de s’éclipser pour de nouveau faire une petite commission, comprenez ce que vous voulez, nous, nous ne l’avons pas vu boire une goutte d’eau sur scène..

Alors peu importe ce qu’il peut bien se passer en coulisses, les musiciens, eux, continue le titre et de fort belle manière. Encore une fois, un grand coup de chapeau à la « Family Stone », même si seule Cynthia Robinson la représente véritablement, ceux qui l’accompagnent on bien le droit de revendiquer ce titre tant ils sont des musiciens de grande qualité. Le batteur, par exemple, qui conclut le morceau par un solo déroutant de vitesse, de précision et de justesse. Après avoir réclamé une ovation pour ce dernier, le bassiste enchaîne avec un solo d’introduction de « Thank You » qui lui aussi nous laisse sans voix. La foule redouble d’enthousiasme lorsqu’elle reconnaît les premières notes de ce fameux morceau. Comme invité par son propre groupe à interpréter quelques titres.. Sly débarque environ quatre minutes après le début de la chanson, et semble avoir besoin de prendre de nouveau ses repères sur la scène; il entonne deux ou trois refrains puis se rassied devant ses claviers, esquisse un geste pour exécuter quelques accords, mais en vain..

Petit interlude pendant lequel Sly fait défiler quelques unes de ses amies: l’une chante un bref couplet mi hip-hop mi slam, et qui ne remporte pas un franc succès auprès du public et de Sly lui-même. A notre grand étonnement et loin d’imaginer ce qui allait se passer, il entame calmement « Stand », assis. Porté par l’intensité croissante de cette formidable chanson, il se lève, continue à chanter en parcourant l’avant scène de bout en bout en scrutant l’endroit le plus propice, puis saute dans la fosse. Lui qui paraissait si hésitant dans ses déplacements nous bluffe en se rendant ainsi au plus près de ses fans. Une fois laborieusement remonté sur scène, il pose son micro et se saisit du tambourin, se glisse entre ses deux choristes, fait un petit geste complice de la main et s’en va de nouveau. Les musiciens se chargent donc à nouveau de terminer merveilleusement, et d’enchaîner avec une envoûtante version lente de « Thank You » durant laquelle chacun d’entre eux est présenté.

Un peu plus tard, Sly les rejoint pendant qu’ils font bouger l’assistance sur les titres du groupe. Il offre sa veste à la foule en délire mais s’empresse ensuite d’aller poser son micro, d’embrasser la foule et de disparaître. Encore quelques minutes de régal pour les amateurs de funk car les musiciens et les choristes assurent toujours le show. On entend les fervents applaudissements de nombreux spectateurs, mais c’est bel et bien sous les sifflets d’une bonne partie de la foule qu’ils quittent eux aussi la scène de l’Olympia.

J’apprends par la suite pendant que la salle se vide, qu’il n’a chanté qu’une seule chanson lors de son passage à Rome la semaine précédente, et que le show du lendemain au festival de Montreux n’était pas mémorable non plus. Alors nous avons certainement eu droit au meilleur concert de sa tournée d’adieu.
C’est donc certainement une des dernières fois que l’on voyait Sly avec The Family Stone sur scène. Il semble que le génie soit un peu diminué et toujours autant porté sur ses diverses addictions mais qu’importe, gardons cette image du génie qu’il est et qu’il restera toujours, et ce groove unique que lui seul est en droit de revendiquer.

Textes par François VANDEWEGHE
© Photos par Alexandre FAMY

Cliquez sur les photos pour les agrandir (Haute qualité)

 

Photos © Alex FAMY

SHAOLIN et MARTHA HIGH

 

SHAOLIN TEMPLE DEFENDERS REPORT d'un autre soir, c'est ICI
_____________________________________________________________________________________________________
! VIDEO EXCLUSIVE BIENTOT !
LIENS :