NO JAZZ
Eclectisme et rencontres

Nouvel album le 24/10/05

Souvent, les artistes qui s’éloignent trop longtemps des studios d’enregistrements perdent une partie de leur public et peinent à renouer avec le succès. Les contre exemples ne sont pas nombreux. Après trois ans d’absence, non seulement l’album éponyme de No Jazz est encore une bonne vente de fond de catalogue pour les magasins mais, en plus, leur nouvel œuvre est très attendue. L’explication réside essentiellement dans la qualité et l’originalité de leur son et dans celle de leurs prestations scéniques (voir les deux concerts de Montréal en 2002).
No jazz est de retour et de quelle façon ! Le groupe s’offre le luxe de collaborer avec Maurice White et Stevie Wonder, entre autres.
Fonkadelica vous offre une rencontre avec ces impressionnants français de No Jazz.
Tout a commencé en 2000 par la rencontre de cinq musiciens prêts à tout, fiers de leurs multiples expériences respectives mais décidés à explorer de nouveaux territoires musicaux :
-Philippe Balatier dit Balat, joueur de claviers et orfèvre des samples, fan de James Brown et des Propellerheads, pilier du groupe de Yannick Noah et compositeur de musiques de publicités.
-Guillaume Poncelet trompettiste émérite et excellent joueur de claviers, jeune diplômé du Conservatoire national de Paris.
-Pascal Reva dit Bilbo, bassiste et batteur à la fois, multi-instrumentiste recherché aux influences irréprochables (pour résumer : de Bach à Prince).
-Philippe Sellam dit Slam, saxophoniste qui a tout connu du free au grand orchestre en passant par l'Afrique et le bop, naguère soliste pour Gil Evans et pour Paco Sery.

-Mike Checkli alias DJ Mike, l'homme des platines, pétri de soul et de funk, personnage - clé de la scène hip hop parisienne puisqu'il dirige l'espace DJ DMC de la Bastille avec DJ Abdel et DJ Cut Killer.

Cinq personnalités fortes, complémentaires, cinq musiciens au joyeux look cyberfunk, tous hantés par la même idée : faire tanguer le public et l'emmener rêver au cœur de la nouvelle révolution électronique.
S'il y a un concept noJazz, il est très simple : mixer l'esprit du jazz des origines (la fête) avec les rythmes hypnotiques des sons actuels. Acoustique et jungle, trip hop et fanfares, mélodies et samples, funk hard bop à la sauce drum'n'bass, c'est le mariage du swing et de l'électronique.

Depuis cinq ans que le groupe arpente la France et l'Europe dans les festivals et les circuits rock, chacun de leurs concerts est un feu d'artifice qui fait que le nom du groupe se propage comme une traînée de poudre. Une explosion d'énergie et de rythmes, une invitation à la transe : solos de cuivres, éclairs de hip hop, les musiciens qui bougent et qui s'amusent, qui communiquent aux foules plaisir et enthousiasme. Le fun est là, la danse n'est jamais loin, on pense comme en accéléré à George Clinton, à Buckshot Le Fonque, Kid Creole, au Frank Zappa des grandes années. Et aussi à Gong pour l'esprit cosmique, Miles Davis évidemment pour la modernité, la liste est loin d'être close tant ces néo-jazzmen androïdes sont éclectiques.

Le groupe a déjà créé autour de lui et de sa musique tout un univers inventif et ludique où rien n'est laissé au hasard (logo, photos, site Internet, vidéos, etc.), où on ne s'ennuie jamais. Une véritable esthétique qui a tout pour vous séduire et dont le moteur est le noJazz sound : percutant, puissant, parfois sophistiqué mais toujours diablement communicatif.

Premier fruit discographique de ces aventures : l'album "noJazz". Son enregistrement ressemble à un rêve puisqu'il a eu lieu sous la baguette de Teo Macero. Aujourd'hui septuagénaire, l'ancien producteur-maison de Columbia (de 1956 à 1980 il a enregistré Charles Mingus, Thelonious Monk, Art Garfunkel, Robert Palmer et bien sûr le Miles de la grande époque) n'a rien perdu de sa fibre artistique. Au crépuscule de sa carrière, le professeur Teo qui avait débuté comme assistant d'Edgar Varese est tombé amoureux de ce groupe français pas comme les autres qui fait rimer Charlie Parker avec Asian Dub Fondation !
A la clef, plusieurs singles de choc : "Medina", le pétillant "Pick Up" et le "Candela" aux reflets latinos qui sera la première carte de visite de l'album, unique sample (officiel) du Candela de Ibrahim Ferrer (Buena Vista Social Club), featuring Mangu, le rappeur dominicain, venu offrir sa voix aux cinq lutins de noJazz.

2005 : L’aventure continue pour le plus grand plaisir d’un public ouvert d’esprit, féru de recherche musicale et d’expérimentation.


Rencontre.

-1 Fonkadelica : Pourquoi trois ans entre ces deux albums ?

NoJazz : il nous a fallu 3 ans avant d'enregistrer le 1er album, nous jouons les morceaux ‘live’ avant de les enregistrer. C'est impératif pour le groupe d'avoir des morceaux qui marchent sur scène avant tout. Nous avons fait beaucoup de rencontres en tournée. Nous avons sortie un album de remix avec E.W.F. et Claude Nougaro qui nous a quitté à la sortie de cet album! Nous avons beaucoup joué a travers le monde (17 pays). Je pense qu'il faut du temps avant de montrer aux gens de nouvelles créations. Ca passe par des doutes, des enthousiasmes et, enfin, du recul pour pouvoir décider :"voilà ! on est prêt, c'est ça qu'on veut jouer a travers le monde entier". Contenter 5 personnes a la fois prend du temps!

-2 Quelles différences entre les deux albums, niveau sons ?

je pense que nous avons été plus minutieux sur ce dernier album. il y a eu beaucoup plus de travail avant et après l'enregistrement. Le 1er album a été enregistré avec l’énergie de la 1ere prise. A mon avis, celui-là est plus mature. Nous sommes allés plus loin.

-3 Pourquoi ce choix pour Maurice White et les autres invités ? Comment se sont déroulées ces rencontres ?

nous avons joué dans un club de New York (The village underground) devant 3 personnes...Parmi ces 3 personnes, il y avait le manager d'E.W.F. Il a beaucoup aimé notre énergie malgré le public restreint! il a aussitôt appelé Maurice White et nous avons organisé un concert à Los Angeles pour qu'il puisse nous voir. C’était au ‘Conga Room’ et pratiquement tout E.W.F était là à 19h. C’était inespéré et nous avons tout donné ce soir là. C'est assez inoubliable. Tout d’abord, ils nous ont proposé de faire une version d'un de nos titres du 1er album. Nous avons été surpris de leur enthousiasme et ça nous a donné envie de leur proposer de produire notre prochain album. Wayne Vaughn (Clavier et compositeur d'E.W.F) nous a répondu aussitôt et voilà, c’était reparti pour une autre association. Il a fait venir Maurice White, Stevie Wonder, The Emotions, Leon Haywood…Toute la “black community” était là en studio.

-4 Ca fait quoi d’être en studio avec ces légendes ?

C'est un honneur de pouvoir partager notre musique avec des artistes qui nous ont inspiré. C'est un mélange de respect et de fierté, ça nous rend plus fort évidement.

-5 Qu’ont-ils apporté au style No Jazz ?

ils nous ont permis de garder l'essentiel : le groove, l’énergie et la mélodie.

-6 Comment travaillez-vous ? (votre méthode de travail)

Chacun travail de son côté. On s'envoie des fichiers par internet. Quand il y a assez d'idées, nous essayons les morceaux en ‘live’. Ca peut prendre deux mois pour certains ou deux ans pour d'autres. Nous sommes un groupe ‘live’ avant tout et nous attendons que chaque membre apporte sa vision du morceau. C'est parfois conflictuel mais au final, si nous gardons un titre, c'est que chacun aura dit ce qu'il pensait. De toute façon, la finalité est la scène. Nous avons beaucoup d'invités sur le dernier album mais nous tenons à garder notre son de groupe. Les morceaux doivent sonner dans n'importe quelle condition, que ce soit dans un club de jazz ou dans un festival devant 20000 pers.

-7 De nouvelles idées pour la scène ?

A La Cigale le 8 NOV, on vous prépare de bonnes surprises...

-8 Pas trop stressé à la veille de la sortie de ce nouvel album ? Quelles sont vos craintes, vos espoirs ?

C'est une continuité. Nous avançons quel que soit le succès de nos albums. Nous avons encore beaucoup de choses a dire , beaucoup de pays à conquérir et de rencontres a faire.

-9 Aujourd’hui, vous écoutez quoi ? Qui vous inspire dans les nouvelles tendances ?

Chaque membre du groupe est dans son monde; C'est notre force :
-Bilbo / pop
-Slam /Jazz
-Mike/Hip Hop
-Balat/Electro

Guillaume (le plus jeune) nous pousse toujours vers les nouvelles tendances.
STEVIE WONDER, MESHELL NDEGEOCELLO , PRINCE, WEATHER REPORT restent nos favoris....

Christophe Augros, pour Fonkadelica.com, le 10/09/2005.

LES DEUX PREMIERS DISQUES :


 

 

NoJazz "Nojazz"

1er album

16 titres

Sortie : avril 2002

 

 

NoJazz
No limits - Mixes & combinations

remixes et inédits

12 titres

Sortie : mai 2004

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Dossier signé Christophe A

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