JUAN ROZOFF LIVE
AU NEW MORNING- 18/11/09 !

LIVE A PARIS - REPORT

Pour leur concert signant le grand retour, Juan et son groupe se sont produits live à Paris, pour un concert événement lié à la sortie du 3ème album : MAISON ROZOFF

2010 sera ROZOFF OU RIEN :)

Notre reporteur MANU TVOSKI les a photographié :

New Morning, le 18 novembre 2009. La scène du temple musical parisien est jonchée d’objets insolites, qui laissent pressentir de l’ambiance et de la mentalité de la soirée à venir. Partout, des lampes vraiment perchées (constituées bien souvent de jouets recyclés ou d’objets de récup) donnent à l’endroit, qui n’est pourtant rien moins qu’une institution, un aspect intimiste. La soirée funk française s’ouvre avec une première partie de Dajla, jeune brunette qui pose sa voix sur un beat pur, construit sur la ligne qu’elle joue de sa basse 5 cordes (en même temps qu’elle chante, exercice assez difficile dont elle se sort plutôt bien), et les rythmes distribués par une perle de batteur au groove saisissant. Les morceaux contiennent souvent des bonnes idées, quoique la réussite de Dajla est de temps en temps desservie par la tendance fréquente des artistes français à vouloir chanter en anglais coûte que coûte.

Puis vient l’heure de celui qu’on surnomme le « Fonk-Tzar », et dont c’était pour moi la première occasion de le voir en concert. Il s’avance, un grand sourire sur la face et la veste ouverte. La musique est lancée, bien pêchue et rythmée : Juan Rozoff au chant (et éventuellement à la guitare ou au clavier), un guitariste soliste, un bassiste slappeur, un batteur, un claviériste et la section cuivre basique de tout groupe de funk qui se respecte : un saxo, une trompette, un trombone. En plus de cette troupe, une nana se balade sur scène, et interagit avec les musiciens et le public en s’appuyant sur les paroles des chansons qui sont jouées. Ce personnage visuel et muet rappelle de toute évidence le danseur à la moumoute de la troupe des Parliament Funkadelic, qui arpente la scène en dansant et en venant chercher la petit bête à tous les musiciens qui passent à sa portée. Comme George Clinton également, Juan Rozoff dispose la scène et la transforme : ce n’est plus un espace de spectacle anonyme, une foule d’objets et de trucs originaux viennent la personnaliser. Sous George Clinton, la scène devient un Mothership, le Mothership du funk dont on essaye de réaliser la connection avec le public à grand renfort de groove. Quant au « Fonk-Tzar », un grand panneau au dessus de la scène donne le ton : ici, c’est la « Maison Rozoff ».
Juan Rozoff est un Clintonien, croyant et pratiquant. Pour eux, le Funk ne s’arrête pas à la fin du set, il est un état, une certaine disposition d’esprit, un style de vie, dont la musique ne constitue qu’une facette (certes, primordiale), et dont la déco décalée vient marquer l’existence. À coup de syncopes et de mélodies très rythmées, ponctuées par une basse slappée, l’ambiance frenchy funky s’installe. Juan Rozoff se sert de son côté hyperactif et l’exagère sur certains morceaux, articulant des textes marrants à une vitesse prodigieuse (à l’instar d’un de ses titres phares, « J’ai Envie D’te… »). Le résultat est surprenant et vraiment agréable. A d’autres moments, on rentre dans les canons du funk avec des reprises classiques, telles que le Give It To Me Babe de Rick James, et son indétrônable ligne de basse.

La maison Rozoff a ses adeptes, ses fidèles, qui soutiennent le show coloré proposé par Rozoff et ses confrères. Et malgré quelques phases de redite, ils réussissent à générer une ambiance funky à la française, sans se détourner des modèles du genre. Bravo !

Rédigé et photographié par MANU TVOSKI, Pour Fonkadelica.com

 

NOTRE INTERVIEW AVEC JUAN en 2003 : ICI

 

LA CHRONIQUE DU DERNIER DISQUE :

JUAN ROZOFF "MAISON ROZOFF" [UNDERDOGS REC.] 2009 :

L'hybride funky français revient ! Tous les 10 ans (ou presque) nous avons le droit à une ovni sonore du grand maître funky frenchy. Un des plus performant et rare artiste funk que nous avons près de chez nous (multi-instrumentaliste, compositeur, arrangeur, chanteur, agitateur d'identité nationale ;) ...etc.). Juan est de retour sur disque pour son plaisir, et indirectement le notre !

Nous vous avons présenté moultes fois cet artiste (interview, revue cd, annonce concerts, reports) car il se fait rare et discret, mais nous apprécions toujours autant son talent. Alors, évidemment, lorsqu'on nous annonce la sortie d'un disque de juan, on y croit jamais, car plusieurs fois repoussé et tellement rare sur galette ! 3 disques solos en 20 ans, quelques récents featuring (Booster, Amadou et M, Uptown Empire, les gréments de fortune, etc...) mais toujours et toujours la pêche sur scène jusqu'à épuisement. Alors oui, on a de quoi être surpris, et même étonné du résultat ! car on attendait sans fin ! A la première écoute, certains morceaux rentrent direct dans notre top ten à vie, d'autres se présentent bizarres à l'oreille et difficilement accessibles, mais toujours mélodieux et funky.
Personnalité originale, métissée (espagnole,franco-russe), troublée, agitée, souriante ... tout ceci se ressent dans sa musique. Juan joue avec les mots, les rythmes, les sons, les sens, les hormones ... pour notre plus grand plaisir, mais il nous faudra bien trois écoutes pour commencer à digérer l'objet non identifié.

le fabuleux sexy groovy "YOU" ouvre l'opus, avec une pêche indéfinissable, basée sur la puissance des cuivres, de la basse, de sa voix speedée. un funk torride, festif, fort de café. Juan fait le poète sur "sea-star" jeu de mot franco-anglais, magistralement mit en musique sur un beat plus binaire qu'à l'habitude. Rythme plus mou que l'on retrouvera sur "The Mack", mou mais terriblement en place et P-funk style. "la cible" ressemble à ce qu'il pouvait proposer dans le dernier album de 2000 (Abalorladakor) mélodies fluidifiées et choeurs magiques. Vient pour nous les bombes funk à suivre avec "j'ai envie de te" titre osé et terriblement pulsionnel ; et l'énorme "Intoxicated" titre Princier (NPG) par exellence ! Il fallait bien placer la ressemblance à prince quelque part, tellement la production y est à son image (sans copier) dans ce morceau. Vrai pied !

Autre bijoux : "Insoluble", au texte subliminal et sublime. Rimes, jeux de mots et d'esprits, juan se lâche pour notre plus grand kiff. L'effort textuel se poursuit avec les trois derniers titres, plus difficilement accessibles, parfois un peu hasardeux techniquement. Juan a risqué un nouveau style, un côté chanson française plus franc sur la fin, que certains ne rechercherons peut-être pas chez lui, mais dont l'effort de nouveauté doit être salué. Un artiste vrai, entre humilité et folie, qui reste frais et dispo pour l'auditeur qui veut bien s'y risquer. 9 ans après, certains attendaient peut-être encore plus, mais l'attente fait sûrement que l'exigence est à l'apogée ; il faut donc redescendre de son nuage et apprécier la passion de l'artiste qui n'a pas ménagé ses efforts pour satisfaire les mélomanes que nous tentons d'être. Juan est encore plus fort sur scène (certitude) ... alors la fête ne fait que commencer ... suivez le !

Mpls ( 10/11/2009 )

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