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HUSH PRODUCTIONS / ORPHEUS RECORDS
Reportages et Interview(s) exclusives
C'est à la fin des années 70 que Beau et Charles Huggins fondent les productions Orpheus à New-York. Avec eux nait le son funk new-yorkais qui dominera les années 80.

Les
frères Huggins vont savérer être de redoutables
découvreurs de talents dans les milieux Jazz, Soul, Funk et Rap ! Grâce
à leur travail, ils vont changer les sons dominant de ces musiques.
Le "contemporary Jazz" nait avec leur label: "Orpheus".
Toute une génération de musiciens va pouvoir s'exprimer grâce
à leur structure. Najee (saxophoniste), Alex Bugnon (pianiste franco-suisse),
Keith Robinson (guitariste), Dennis Coffey (guitariste et compositeur pour
Marvin Gaye dans les années 60) Ils passeront tous par les productions
Hush et sont , encore aujourd'hui, symbole d'une nouvelle école du
Jazz.
Mais la musique Funk va, davantage encore, bénéficier de leurs
talents. Grâce à leur découvertes, ils donnent un coup
de jeune à cette musique. A la fin de la decennie70, Clinton, B.Collins
et les formations Parliament/Funkadelic, Cameo..., dominent le marché.
Leurs costumes "déjantés", leurs sons électriques
et psychadéliques avaient révolutionné la Soul à
l'époque où les Temptations et les artistes Motown ne correspondaient
plus aux attentes du public.
Le son Soul dominant du début des années 80 nait donc à
New-York. Freddie Jackson, Melba Moore, Lillo Thomas, Paul Laurence, Barry
Eastmond, Kashif... Ces artistes deviennent les porte-drapeaux d'un certains
Funk. Des textes teintés essentiellement de sexe, des voix de hautes
qualités, des mélodies très soignées, marquent
un retour à une Soul classe telle qu'elle était du temps du
grand Berry Gordy. (fondateur et mentor du label Motown).
Coté Rap, la famille Huggins ira chercher ses signatures du coté
de Los Angeles. Le groupe C.M.W, formation de D.J Quick et de M.C Eight, débute
grâce au label Orpheus! Mais c'est sur leur autre label, nommé
T.H.G (The Hush Group.), qu'ils signent Poppa Bear, Kool Breeze et Baby Wise.
Malgré quelques succès, le rap ne sera pas leur point fort.
Mais si la famille Huggins domine le milieu soul-funk jusqu'au début
des années 90, elle négocie très mal la décennie
suivante. Eric Gable, Bruce Saunders, Marc Nelson : la nouvelle génération
ne génère pas un niveau de ventes suffisant.

Principaux artistes du label
*Melba
Moore Chanteuse Soul
*Freddie Jackson Chanteur Soul
*Eric Gable Chanteur Soul
*Najee Saxophoniste Jazz Funk
*Alex Bugnon pianiste Jazz-Funk
*ZLooke Groupe Funk
*Sweet Obsession Groupe Funk
*Marc Nelson chanteur, producteur : Funk-New Jack.
*CMW groupe de Rap
*Bruce Saunders chanteur Soul, New Jack
*Paul Laurence Chanteur, auteur-compositeur-producteur : Funk
*William Darryl Stroman Producteur
*Dwayne Ladd producteur
*Go Hotoda producteur
*Lillo Thomas chanteur-producteur : Funk, Soul.
*Chad chanteur funk
*Janice Dempsey chanteuse soul, funk
*Stacy Lattisaw chanteuse funk
*Sean Bryant chanteur
*Keith Robinson guitariste jazz-funk
*Kashif chanteur, auteur, compositeur, producteur : Funk.

Paul Laurence et Freddie Jackson
White
Rock Church, Harlem. C'est là que le vocaliste soul Freddie Jackson
apprend à chanter alors qu'il n'est qu'un enfant. C'est dans ce même
quartier, à "l'Apollo Theatre", que Freddie s'améliore
en passant des heures à regarder les performances des artistes R&B/gospel
de l'époque. Freddie se souvient : "J'observais le travail
de scène de ces artistes. Comment retenir l'attention d'un public.
L'Apollo a été une école pour moi".
Il devient ensuite choriste de studio. Les séances de travail acharnées
avec Evelyn King, Mtum, Angela Bofill ou Lillo Thomas lui permettent de se
perfectionner. Il commence en parallèle une carrière de chanteur
lead avec des groupes locaux comme Mystic Merlin ou LJE. Mais comment en arrive
t-on là ? "J'ai suivi le parcours classique. J'envoyais
des cassettes de démo aux maisons de disques en espérant le
meilleur. J'ai eu à maintes reprises envie de tout arrêter. Mais
la perséverance a payé".
Entre alors en scène le compositeur/musicien/producteur Paul Laurence.
Non seulement il encourage Freddie, mais il le présente à la
célèbre chanteuse/actrice Melba Moore. Cette dernière
est si impressionnée par la prestation de Freddie dans un club new-yorkais,
qu'elle l'introduit dans l'équipe des productions Hush/Orpheus. Peu
après, c'est le contrat avec Capitol Records et la sortie du premier
album "Rock Me Tonight". Le reste est de l'histoire.
Plus tard, il travaillera également avec le producteur Arif Mardin,
déjà responsable de succès pour Aretha Franklin ou Chaka
Khan : « Ce producteur est le plus méticuleux des artistes.
Les séances pouvaient durer des heures mais jai aimé cette
collaboration. Arif avait ce son « vieille école soul »
qui sadaptait parfaitement à ma voix ».
Freddie Jackson a placé plus de titres N°1 au Billboard que tous
les autres vocalistes soul. N°1 en Décembre 1986 avec "Just
Like The First Time", N°1 en Juillet 1988 avec "Don't Let Love
Slip Away", N°1 en Octobre 1990 avec "Do Me Again"... S'ajoutent
à cela les ventes singles.
En plus de cette brillante carriere solo, il a écrit avec Paul Laurence
pour Lillo Thomas (Trust Me), pour Howard Johnson (Jam Song), ou encore pour
Melba Moore (Keepin'My Lover Satisfied). En 1989, il enregistre un duo avec
Nathalie Cole (I Dosur l'album Good To Be Back). Il a aussi enregistré
avec Melba Moore et le saxophoniste Najee et a signé les arrangements
des choeurs pour Glenn Jones (Stay).
Bref, un artiste des années 80 incontournable et digne héritier
de la génération Motown.
Discographie :
Rock Me Tonight 1985
Just Like The First Time 1986
Don't Let Love Slip Away 1988
Do Me Again 1990
Time For Love 1992
Here It Is 1994
Private Party 1996
Rock
Me Tonight (For Old TimesSake) (Capitol 1985 N°1 R&B-N°18
pop)
You Are My Lady (Capitol 1985 N°1 R&B-N°12 pop)
Tasty Love (Capitol 1986 N°1 R&B)
Have You Ever Loved Somebody (Capitol 1986 N°1 R&B)
Jam Tonight (Capitol 1987 N°1 R&B-N°32 pop)
NiceNSlow (Capitol 1988 N°1 R&B)
Hey Lover (Capitol 1988 N°1 R&B)
Love Me Down (Capitol 1990 N°1 R&B)
Do Me Again (Capitol 1991 N°1 R&B)

Marc
Nelson, tout juste 40 ans, était prédestiné à
une carrière musicale. Fils de Phyllis Nelson, jadis première
du top R&B avec « I like you », il étudie la musique
classique et le gospel à la « Créative Performance Arts
High School » de Philadelphie puis se produit ça et là
avant de former le groupe Boys II Men.
Lui aussi débute sa carrière solo grâce aux frères
Huggins même sil connaitra davantage le succès par la suite.
Pourquoi
avoir choisi une carrière solo plutôt que Boys II Men ?
Je nai pas lesprit de groupe et puis il y a des choses que
jai dans le cur qui ne peuvent passer quen solo. Cela dit,
jai toujours dexcellentes relations avec le groupe. Mon meilleur
ami est Nate Morris, larrangeur de la formation.
Qui
est à lorigine de Boys II Men : vous ou Michael Bivins, du groupe
New Edition ?
La plupart des gens croient que cest Bivins : cest faux.
Jai réuni les membres du groupe et cest moi qui les ai
présenté à Bivins. Ce dernier a été lun
de nos premiers et plus fervents admirateurs. Mais que le public lignore
ne me gêne pas du tout.
Peu
de français vous connaissent ; pouvez-vous vous présenter en
quelques mots ?
Tout a commencé à Philadelphie. Jétudiais
la musique classique, le jazz et le gospel à la « Capa High School
». Jai toujours voulu être musicien, je tiens cela de ma
mère. Cest lors de mes études que Capitol Records et Hush
Productions sont venus me chercher.
Ensuite, jai formé Boys II Men puis réalisé deux
albums solo. Jai mis en place une formation dont le nom est AZ YET.
Je suis actuellement en contrat avec Babyface en tant que compositeur pour
son label » L.A face. Quelques titres sur son dernier album ainsi que
sur le nouvel opus de Toni Braxton, deux albums solo,voilà
Jai aussi écrit une ballade (« Is It Love ») pour
le grand vocaliste soul Freddie Jackson et travaillé également
sur le deuxième opus de For Real, un groupe de quatre chanteuses qui
étaient aussi mes danseuses sur scène.
Chantez-vous
toujours le gospel ?
Aussi souvent que possible.
Quelles
ont été vos sources dinspirations ?
Tout dabord dieu, sans qui rien ne serait possible! Ensuite, Prince
et surtout Terry Lewis & Jimmy Jam. Je suis leur carrière depuis
longtemps. Nous nous sommes rencontrés
.
Parlons
de la scène. Quel en est votre concept ?
Mon son sur disque est très high-tech mais sur scène,
fini les machines. Je préfère lacoustique. Jaurais
donc un groupe de bons musiciens avec moi. Pour ce qui est de lambiance,
ce qui mimporte, cest de partager des émotions avec le
public. Partager, cest important.
Comment
envisagez-vous la suite de votre carrière ?
Jessaie dêtre différent ! Je veux faire preuve
doriginalité. Cest pourquoi jai évité
le piège du son R&B urbain sur mon dernier album. (Chocolate mood).
Je nai pas de modèle et jessaie de rester à lécart
des autres. Il faut suivre sa voie par vents et marées.
Quel
est le rôle de votre mère dans votre carrière ?
Elle me supporte, me conseille, me manage et en plus elle aime ma musique
!
Ou
trouvez-vous linspiration ?
Généralement, dans mes expériences passées.
Pour ce qui est de la composition, je me mets au piano et au clavier et la
création se fait avec le temps. Jaime aborder des thèmes
auxquels les gens peuvent se raccrocher.
Albums :
I
Want You ( 1991 )
Chocolate Mood ( 2001 )

Billy Paul et Alex Bugnon
Encore méconnu en France, cet artiste suisse de 43 ans, artiste confirmé aux U.S.A, en est pourtant à son septième album et prèpare le huitième. La production est aussi un domaine qu'il connaît bien pour s'y être essayé avec Najee, Keith Sweat, New Edition ou Force M.D's. Rencontre avec un artiste qui a plus d'une corde à son arc.
Originaire
de Caux, petit village suisse situé au-dessus de Montreux, Alex émigre
aux Etats-Unis afin de devenir musicien. Il arrive à Boston ou il devient
chauffeur de taxi pour vivre. Il y rencontre également Willa, sa femme.
Puis il se rend à New-York ou il devient clavier du chanteur Freddie
Jackson, sur scène. Il devient ami de Charles « Poogie »
Bell, batteur, et de Keith Robinson, guitariste.
A cette époque, il est approché par les frères Huggins
: Il signe pour Love seasons, premier opus qui sort en 1988 sur Orpheus (distribution
E.M.I..)
On trouve une reprise de « Piano In The Dark », titre de la chanteuse
Brenda Russell, et Victor Bailey, Poogie Bell et Rahni Song à la production.
Son deuxième album Head Over Heels sort en 1990 avec un son toujours très funk et la reprise de « Any Love » de Luther Vandross. A noter la présence de son oncle, le grand trompettiste Donald Byrd, sur « Winnie ».
Pour
la troisième uvre, il reste sur Orpheus mais change de distributeur
: il passe chez Epic. Il travaille avec son frère, le saxophoniste
Cyrille, et avec Michael Campbell, ancien guitariste du groupe Change. Rahni
Song est toujours à la production.
En parallèle, il travaille avec Najee (sur Tokyo Blue), avec Force
M.Ds (sur Love Is A House) et avec Keith Sweat (sur Ill Give All
My Love). Il tourne en Europe, au festival de Jazz de Montreux, avec Randy
Crawford. Il trouve même le temps de produire le premier album solo
du guitariste Keith Robinson.
Avec 1993 arrive le quatrième album. Il compose « Dasheen » avec son frère et travaille sur trois titres avec Regis Branson. On retrouve une grande partie du groupe Change avec la présence de Vincent Henry (saxophone), Michael « Dino »Campbell et Timmy Allen. A noter la reprise de « I Will Always Love You » de Dolly Parton, déjà repris quelques mois plus tôt par Whitney Houston pour la B.O de Bodyguard.
Tales From The Bright Side, nouvel opus à paraître en 1995, marque le retour à un style beaucoup plus Jazz que Funk. Il marque aussi la rupture avec Orpheus/Hush. Alex signe chez R.C.A. Fidèle à la même équipe, il ajoute Bernard Wright et James « D-Train » Williams à ses musiciens.
Il
faudra attendre cinq longues années pour la sortie dune nouvelle
uvre. As Promised voit le jour en 2000 sur un petit label du nom de
Narada. Cet opus très orienté R&B/Funk est enregistré
avec une pléiade dartistes : on retrouve Brandford Marsalis,
Gerald Albright, Lalah Hathaway, Christopher Williams, Hubert Eaves et Angie
Stone, entre autres.
Lorientation R&B est encore plus flagrante sur lalbum Soul
Purpose édité sur Narada en 2002.
_ Avantages et inconvénients d'enregistrer aux U.S.A. pour un français ?
ALEX
BUGNON :
Très franchement, je ne vois pas d'inconvénients. J'enregistre
dans les meilleurs studios avec des professionnels. Le travail est sérieux.
Travailler en Europe me coûterait plus cher pour un résultat
de moins bonne qualité.
_ Oui, mais votre travail est encore mal distribué en France !
C'est à cause de la maison de disque. Le marché américain suffit et elle ne veut pas prendre de risques en investissant davantage. Il ne faut pas croire, mais les compagnies américaines connaissent encore mal les marchés européens. Si l'album se vend bien à l'étranger, tant mieux, sinon...
_ Vous êtes blanc et vous êtes parvenus à percer dans le milieu noir américain que l'on sait très hermétique. Comment y êtes vous parvenu ?
Cela s'est fait très naturellement. Je n'ai pas senti de barrières lors de mon entrée dans ce milieu. Et puis d'ailleurs, j'ai toujours évolué dans le milieu noir. Le problème, c'est que maintenant je dois faire un cross-over inverse. J'ai commencé par le plus dur. Je dois toucher le public blanc plus branché pop-rock. Quand cela sera fait, les ventes grimperont.
_ Votre genre musical comporte un risque : celui de ne plaire à personne. Trop funk pour le public jazz, et vice-versa. Cela vous fait-il peur ?
Non, il y a une audience large pour le style Jazz-Funk. Jespère que mes disques créeront des liens entre les deux publics. Ils permettront peut-être à ceux qui écoutent du funk et de la musique synthétique de découvrir le jazz en passant par une musique plus mélodique.
_
Vous avez des relations amicales avec Keith Sweat, James Ingram, Patti Austin
Le milieu américain est-il sain?
L'ambiance, les relations entre ceux qui font la musique sont très
saines. Il y a de plus en plus d'ouvertures, de plans notamment dans la production.
Plus de moyens aussi. Le problème vient des maisons de disques et des
personnes qui sont chargées de signer les artistes.
Pour la plupart, ils font preuve d'une grande incompétence. Heureusement,
je n'ai jamais eu de démarches à faire pour signer. Ce sont
eux qui sont venus à moi lors de ma tournée avec Freddie Jackson
en 1986. Freddie est d'ailleurs un bon ami. Il m'a aidé lors de ma
période de galère à mon arrivée à New-York.
De même que Bebe Winans m'a apporté son aide précieuse.
_
Quelles ont été vos influences musicales ?
Mon père est musicien de Jazz. A la maison, j'écoutais
du Count Basie ou du Duke Ellington à longueur de journée. Plus
tard, en grandissant, j'ai écouté Santana, James Brown, Slystone,
Ohio Players, Herbie Hancock, Winton Kelly, George Duke...J'ai fait une synthèse
de tout cela pour mettre au point mon propre style.
_
Alex Bugnon et la production; quel avenir ?
Je vais m'y remettre. Ma propre carrière me prend beaucoup de
temps mais j'ai en préparation un deuxième album avec mon ami
le guitariste Keith Robinson, plus un album pour la choriste Janice Dempsey,
qui chantait sur mon single "So In Love". J'ai aussi un projet pour
le guitariste Rohn Lawrence qui avait travaillé avec moi sur Love Seasons.
Je vais aussi mettre sur pied un projet qui me tient à cur :
créer ma propre maison de production qui serait basée en Europe
mais destinée au marché américain.
Etes-vous
plutôt branché dernières technologies ou acoustique classique
?
Je ne suis pas du tout "high-tech". J'utilise les vieux "dinosaures"
comme le oberheim 8 ou le M1Korg avec les réverbs plus le fairlight
pour les churs. J'ai la chance d'avoir comme ami et producteur Rahni
Song, grand spécialiste de la côte est en ce qui concerne le
fairlight et sa programmation.
_
C'est un peu le même concept que Jam&Lewis ?
Exact. Terry et Jimmy sont des amis dont je suis la trace car je pense
qu'il n'y en a pas de meilleur !
_ Comment travaillez-vous?
J'essaye d'écrire vite. Il me faut un mois pour écrire
mes albums et cinq semaines pour les enregistrer. Quelquefois, il m'arrive
d'ajouter un morceau au dernier moment. "Heart Of New-York", par
exemple, a été écrit à Nashville pendant l'enregistrement
de l'album. Il n'était au départ pas prévu! Je ne fais
pas de pré-production.
_
L'inspiration, ça vient facilement?
En général, je me mets au piano et ça vient naturellement.
Pour les titres, je les choisis soit en fonction de la musique, soit par rapport
à des souvenirs. "Paris In May", par exemple, devait s'intituler
"Rue Haxo" parce que c'est une rue de Paris qui compte beaucoup
pour moi. Finalement, j'ai choisi "Paris In May" en réponse
au standard jazz "April In Paris". Pour "Heart Of New-York,
ça a été différent. Cette composition se plaçait
dans la lignée de ce qu'ont fait Kashif ou Paul Laurence et sonnait
donc typiquement new-yorkais. Ce genre de choses vient avec le feeling.
_
Etre le neveu du grand trompettiste Donald Byrd, ça aide dans la vie
?!
C'est lui qui m'a donné envie de me lancer dans la musique et
qui m'a présenté à tous les grands du jazz comme Stanley
Clark ou Dizzie Gillepsie. Mais il ne m'a pas aidé pour ma carrière.
Je n'ai pas profité de sa notoriété pour avancer. D'ailleurs,
c'est lui qui a revendiqué le fait que je suis son neveu, pas moi.
_
Avez-vous été sujet à des tractations de la part d'autres
compagnies ?
Oui, bien sûr. Après avoir atteint une certaine notoriété,
il y a toujours des gens qui viennent vous dire qu'ils feront plus pour vous
que votre propre compagnie. Warner, Arista ont essayé, G.R.P aussi
en engageant des négociations secrètes avec Charles Huggins,
directeur d'Orpheus, à lépoque où jétais
chez eux. Mais G.R.P. ne me verra jamais. Je ne signerai pas avec une compagnie
dont toutes les productions se ressemblent !
_
Quel est votre concept de la scène ?
Je suis très ouvert. Musicalement, je n'aime pas le travail trop
"carré". Les arrangements peuvent changer d'un moment à
l'autre. L'essentiel est de conserver le groove!
_
Vous êtes méconnu en France. A votre avis, quelles en sont les
raisons?
Cela vient des radios qui suivent ce que sélectionnent les discothèques.
En théorie, cela devrait être le contraire. On n'informe pas
le public français, on le matraque avec des genres musicaux bien spécifiques.
A moins de faire tous les festivals, il y a peu d'ouvertures.
_
Pourquoi utiliser le rap ?
J'y avais pensé pour mon premier album. Je voulais mettre des
séquences rap sur "Going Out". La maison de disque avait
refusé répliquant que ça ne plairait pas.
Finalement, quelques mois plus tard, Quincy Jones a sorti Back On The Block,
mélange de jazz et de rap. Je vais donc le remettre à l'ordre
du jour. Mes rappers préférés sont Heavy D, Kool Moe
Dee et Public Enemy.
Albums :
Love
Seasons ( 1988 )
Head Over Heels ( 1990 )
107° In The Shade ( 1991 )
This Time Around ( 1993 )
Tales From The Bright Side ( 1995 )
As Promised ( 2000 )
Soul Purpose ( 2001 )

Née
à New York, elle débute sa carrière en jouant dans la
comédie musicale Hair. Sa carrière musicale doit
beaucoup aux producteurs McFadden & Whitehead de Philadelphie. A partir
de 1976, elle travaille avec eux. Ils signent ses premiers succès comme
« This Is It », « Standing Right Here » ou «
Pick Me Up, Ill Dance ».
Dans les années 80, ses succès seront signés par Kashif
et Paul Laurence. Cest le cas de The Other Side Of The Rainbow ( 1982
) et le tube « Loves Comin At Ya », de Never Say Never
( 1983 ) et des tubes « Love Me Right », « Keepin
My Lover Satisfied » et « Livin For Your Love ».
Avec les albums Read My Lips et A Lot Of Love de 1985 et 1986, elle poursuit
sa collaboration avec ces producteurs ainsi quavec les chanteurs Lillo
Thomas et Freddie Jackson. Elle a joué un rôle essentiel dans
la carrière du dernier : cest elle qui la présenté
à Charles Huggins ( son mari à lépoque ), directeur
des productions Hush/Orpheus.
Les deux dernières uvres de lartiste sont Im In Love
( 1988 ) et Soul Exposed ( 1990 ). Leur succès sera nettement moins
important.
-Loves
Comin At Ya ( E.M.I. America, 1982, N°5 R&B )
-Livin For Your Love ( Capitol, 1984, N°6 R&B )
-Read My Lips ( Capitol, 1985, N°12 R&B )
-Love The One Im With ( A Lot Of Love ) ( Melba And Kashif, Capitol,
1986, N°5 R&B )
-A Little Bit More ( Melba Moore With Freddie Jackson, Capitol, 1986, N°1
R&B )
-Falling ( Capitol, 1986, N°1 R&B )
A la fin du label Orpheus, les frères Huggins et leur neveu James créent une nouvelle structure baptisée The Hush Group, davantage orientée Hip Hop même si le retour du chanteur Lillo Thomas aura lieu sur ce label en 1993. Le rapper Kool Breeze incarnait bien la nouvelle génération dartistes des frères Huggins : Rencontre.
Pouvez-vous
vous presenter. D'où venez-vous ? , quand avez-vous débuté
? ..
KOOL BREEZE :
_Je suis né en Jamaïque mais je vis à New-York depuis
plusieurs années. Je produis et je rappe depuis cinq ans. Avec mon
partenaire Babby Wise, nous avons l'ambition de faire évoluer le Hip-Hop.
Nous mélangeons Reggae et Rap, Reggae et Jazz, Hip-Hop et Jazz. Nous
sommes différents des autres en ce sens que la plupart des artistes
restent proche d'un seul style. Nous essayons d'être sur tous les marchés,
d'atteindre tous ces publics. Nous voulons créer une tendance en montrant
létendue de nos capacités!
Vos
influences musicales jouent-elles sur vos ambitions ?
_En Jamaïque, j'écoutais beaucoup Bob Marley et surtout
Dennis Brown. Puis, à mon arrivée aux U.S.A, j'ai subi les influences
de Sam Cooke et de toute la génération Soul des années
50 et 60 qui donnait un vrai sens au mot musique. Celle-ci était conçue
pour la sçène. Ce n'était pas un simple travail de studio.
Aujourd'hui, c'est l'inverse. On utilise presque exclusivement les ordinateurs,
les samplers et les remixers. Moi, je ne veux pas que la technologie prenne
le pas sur l'accoustique.
Notre musique doit sonner sur scène aussi bien qu'en studio. D'un autre côté, on ne peut éviter la technologie. Il faut donc trouver le bon équilibre.
Que
pensez-vous de l'évolution du Rap au cours de ces dernières
années ?
_On a dévié l'essence de cette musique. Au début,
c'était un mouvement très artistique, très musical. Avec
le temps et l'argent, les maisons de disques ont fourni les machines et récupérées
tout cela. Nous essayons de revenir en arrière, de retrouver le feeling
original du Rap.
Vous aviez signé sur un tout nouveau label, T.H.G, et vous vous auto-produisiez. N'etait ce pas risqué? Pourquoi ne pas faire appel à des producteurs connus ?
_Il est toujours préférable de s'auto-produire. Personne ne connaît mieux ta musique que toi. Un nom connu est une sécurité pour les ventes, mais ta musique ne rend pas exactement tes sentiments, tes émotions.
Quels
sont vos objectifs aujourdhui ?
_Tout d'abord, je veux créer une musique pour des personnes d'horizons
divers. Je veux aider et inciter les jeunes à entrer dans ce milieu
difficile. Il faut les protéger de tous ces serpents qui sont là
pour leur mettre des bâtons dans les roues. C'est ce que jappréciais
le plus chez T.H.G Music. Personne ne me dictait mes choix. J'avais une liberté
artistique totale. Jai du mal à retrouver cette mentalité.
Je veux avoir assez d'argent pour créer un syndicat destiné
aux minorités. Investir dans les banques, les quartiers, l'environnement.
Tout dans ce pays est basé sur l'argent. Tu as des dollars, tu as du
pouvoir! Il y a certains artistes qui pourraient aider les minorités
dont ils sont issus. Tout le monde mérite d'avoir sa chance. Si nous
ne nous aidons pas les uns-les-autres, qui le fera? Voilà pour mes
objectifs!
Avez-vous
des amis dans le milieu rap ?
_oui, KRS 1, Grand Master Flash, qui produit désormais, Mr Mystic,
Vibe Tribe et toute l'équipe T.H.G.
Avec Kashif, il a dominé le funk de New York dans les années 80. Il a fait les beaux jours dOrpheus et les frères Huggins lui doivent enormement. Les plus grands succès du label portent sa marque.
Né
à New-York en 1962, il rencontre Freddie Jackson à léglise
White Rock Baptist Church où il chante durant les années
70. Ils travaillent ensemble au début des années 80 lorsque
Paul produit Rock Me Tonight, le premier opus de Freddie.
A la même période, il se joint à Kashif et Morrie Brown
pour former léquipe de compositions/productions : Mighty M. Ils
travaillent pour Howard Johnson et Melba Moore ( « Loves CominAt
Ya », « Love Me Right », « Got To Have Your Love »
et « Knack For Me » ).
En dehors de son travail avec cette équipe, il écrit et compose
pour Michael Henderson ( Fickle ), Janice Dempsey ( Thirsty ), Lillo Thomas
( « Sexy Girl » ), Stephanie Mills ( « Youre Puttin
A Rush On Me » ), Melisa Morgan ( « Do Me Baby » )
et Smokey Robinson ( « Love Is The Light » ).
En 1985, il signe sur Capitol pour Havent You Heard, album qui sera
suivi de Underexposed en 1989. Sur ces deux uvres, on retrouve tous
les artistes du label.
Havent
You Heard ( 1985 )
Underexposed ( 1989 )
Après
une carrière dans lathlétisme (il a battu le record mondial
du 200m à lâge de 16 ans), il se lance dans la chanson
comme choriste et travaille avec Evelyn King, Kashif, Howard Johnson, James
Ingram et Melba Moore au début des années 80.
Sa première uvre solo sort en 1983 : Let Me Be Yours contient
les singles « (Youre A) Good Girl », et « Trust Me
». Le deuxième opus sort en 1984 : All Of You ne contient quun
single intitulé « Settle Down ». Il connaît son plus
gros succès commercial en 1987 grâce à la chanson «
Sexy Girl » dont la ligne de basse de Timmy Allen, du groupe Change,
impressionne le public de lépoque. Lillo, album dont est extrait
cette chanson, sera le dernier de lartiste. Il se lance ensuite dans
la peinture et joue dans des comédies musicales à Broadway.
1994 sera lannée dun single intitulé « Out
There DoinWrong ».
Sa voix a marqué les années 80 et influencé de nombreux
artistes comme Rahsaan Patterson, pour ne nommer que lui.
Let
Me Be Yours ( 1983 )
All Of You ( 1984 )
Lillo ( 1987 )
Out There Doin Wrong ( maxi-1994 )

Natif
de la Nouvelle Orleans, il étudie à la « Warren Easton
High School ». Après ses études, il hésite entre
une carrière dans la musique et une carrière dathlète.
Très vite, il choisit la musique et forme le groupe The Fantastic Four
dans le seul but dimiter les Jacksons.
En 1986, avec le groupe Kingdom Fair, il remporte un concours de chant dont
le premier prix est lenregistrement dun single. Il gagne et sort
le titre « I Want You For Myself ». Ensuite, il monte le groupe
Total Control : Ils assurent les premières parties des grands groupes
de lépoque.
Grâce
à Willie Tee, figure légendaire de la Nouvelle Orleans, il rencontre
Charles Huggins. Après des jours de répetitions dans les studios
Orpheus de la 58eme rue de New York, il signe sur le label pour Caught In
The Act, son premier album. Sorti en 1989, lalbum contient les titres
« Remember ( The First Time ) » et « Love Has Got To Wait
» qui seront N°1 des ventes R&B. Ensuite, il rejoint Alex Bugnon,
George Howard, Vesta Williams et Regina Belle pour la tournée Southern
Comfort Jazz.
Pour Cant Wait To Get You Home, deuxième uvre de 1991,
il sentoure de Paul Laurence, Barry Eastmond et Hubert Eaves IV à
la production. Malgrès les reprises de « Come Go With Me »
( de Teddy Pendergrass ) et de « Sexual Healing » ( de Marvin
Gaye ), luvre ne connaît pas le même succès.
Il en est autrement trois ans plus tard : Process Of Elimination, davantage
orienté New Jack, est un succès grâce à Christian
Warren, nouveau producteur du label Orpheus.
Caught
In The Act ( 1989 )
Cant Wait To Get You Home ( 1991 )
Process Of Elimination ( 1994 )

Aujourdhui,
il reste bien peu de traces de cette école new yorkaise. Le succès
du label aura quand même duré quinze ans. Seul le saxophoniste
Najee, aujourdhui musicien de Prince et le pianiste Alex Bugnon continuent
leur carrière.
Mais le succès des titres de ces artistes est toujours bien réel
dans les soirées funk. Et combien de compilations funk contiennent
les chansons de Melba Moore, Kashif ou Lillo Thomas, sans parler de Evelyn
King ou Glenn Jones longtemps partie intégrante des productions Hush
Ce nest pas DJ Kheops qui dira le contraire
Propos écris par Christophe A. DJ KAUJ