MARCUS MILLER BAND – Concert de Beauvais du 16/03/02.

GROOVE COLLECTIVE & FRED WESLEY en première partie.

(clôture du 7e festival de Beauvais, « le Blues autour du zinc »)

C’est dans la très belle salle de spectacle de l’Elispace que s’est achevée ce samedi 16 mars 2002 la 7e édition du festival de Beauvais, « le Blues autour du Zinc ». Louons les efforts de l’organisation qui nous a permis de voir, cette année encore, quelques pointures de la scène jazz-funk en chair et en os.

Tout d’abord, c’est au son d’une fanfare funk, « Pulsar », que s’est déroulée la sempiternelle fil d’attente qui mène le fan de base que je suis des abords de l’Elispace au sacré Graal, en l’occurrence une place de choix au sein de la salle de concert.

21h15, Groove Collective accompagné de Fred Wesley, le célébrissime trombone des JB’s, entre sur scène pour une heure de spectacle. Très clairement, les garçons ne jouent pas ici devant leur public, les spectateurs étant principalement venus pour l’icône de la guitare basse, Marcus Miller. C’est donc un ton en dessous de leur extraordinaire prestation de fin 2001 au New Morning que le combo new-yorkais va tranquillement chauffer l’assistance pour Mister Bassline. Néanmoins, Jay Rodriguez, le leader du groupe, et ses acolytes vont nous délivrer quelques perles de latin jazz-funk made in New-York. A ce petit jeu-là, c’est Chris Theberge et ses solos de percussions qui rayonne le plus. Johnatan Maron à la basse semble toujours animé par son habituelle nonchalance et cultive ses solos tranquilles et intellos. Jay Rodriguez passe du saxophone à la flûte traversière, et donne la réplique à Fred Wesley, impressionnant de savoir-faire. Les « Groovies » vont ainsi faire monter l’ambiance délaissant leurs compositions acid-jazz au profit, je vous le disais, de morceaux latin jazz et de titres funk signés Wesley tels que ‘House party’ et toutes les ritournelles du type ‘We gonna have a funky good time…’, dont les paroles si minimalistes soient-elles, n’en sont pas moins efficaces sur les 2000 spectateurs de l’Elispace qui les reprennent en coeur et tapent des mains.

Mais il est temps de céder la place à M2. [C’est le 22 mars en Italie et après deux dates au prestigieux Jazz Café de Londres que le groupe a achevé un périple de plusieurs mois démarré dans une ambiance surchauffée au New Morning à Paris le 10 novembre dernier. Je vous invite chaudement à visiter leur site internet dans lequel Jay Rodriguez revient longuement sur cette tournée et la collaboration avec Fred Wesley. Vous pourrez également aller flâner sur le site de FRED W très réussi où vous découvrirez tout du parcours musical du trombone le plus funky de la planète et notamment un galerie de photos prestigieuses.]

22h50, le Marcus Miller Band débute sa prestation au son d’une version électrisée et électrisante de ‘So What’. Décidément ce morceau de Miles Davis se prète à toutes les interprétations. Toujours au chapitre des reprises classieuses, le groupe interprète le ‘Lonnie’s Lament’ de Coltrane, titre qui figure sur le dernier album de Miller, « M Squared ». Un troisième titre est l’occasion de revoir sur scène Fred Wesley, un Wesley qui n’est pas en reste dès lors qu’on le sollicite pour une petite bourre avec ses cadets, Roger Byam au saxophone et Michael « Patches » Stewart à la trompette, sans oublier Marcus lui-même.

C’est ensuite sur un titre de ‘Porgie and Bess’ que Marcus Miller et son guitariste Dean Brown vont se livrer à une joute oratoire grandiose. Il est à noter que le ‘sautillant’ Dean Brown (ceux qui ont déjà eu l’occasion de le voir sur scène comprendront !) était dans une forme éblouissante ce samedi 16 mars à Beauvais. Qui plus est, le décalage perceptible en juin 2001 au Bataclan où ce guitariste semblait un peu trop rock pour la formation n’est plus qu’un lointain souvenir. Pour moi, Dean Brown était avec Marcus Miller le musicien de la soirée. Le titre ‘Your Amazing Grace’ sera l’occasion pour Marcus de montrer l’étendue de ses talents de multi-instrumentistes, alternant guitare basse et clarinette basse. Ouahh ! Etonnant et superbe ! ce morceau porte bien son nom… 0h10 Le concert se termine, enfin, à priori, parce que les 2000 personnes venues en famille de Beauvais n’ont pas l’air de cet avis. Marcus Miller, Dean Brown, Michael Stewart, Roger Byam, Leroy Taylor (keyboards) et Poogie Bell (drums) reviennent pour un premier rappel et pour ne pas déroger à la règle nous adressent un skeud du nom de ‘Panther’.

J’ai beau avoir vu Marcus Miller quatre fois sur scène, sa technique et sa virtuosité sont toujours aussi impressionnantes. Mon plus grand plaisir est donc de me retourner durant ses solos de folie et d’observer dans le regard des spectateurs cet étonnement que nous partageons tous et ça, malheureusement, aucun disque n’a encore su le restituer. Après cela, on ne peut s’empêcher de penser que les autres bassistes ne jouent pas du même instrument ! Mais bon, pour revenir à ‘Panther’ et à Beauvais, Marcus converse tour à tour avec chacun de ses musiciens mettant à l’honneur un Leroy « Scooter » Taylor jusque là plutôt discret derrière ses claviers. L’assemblée explose littéralement lorsque le maître se met à frapper des deux mains les cordes de sa basse comme le ferait un percussionniste, slapping ou thumbing ? on ne sait plus, Beauvais est en feu…

Le second rappel verra le concert se terminer sur le morceau ‘Tutu’, écrit en 1986 par Marcus Miller pour Miles Davis et ce en l’honneur du religieux sud-africain Monseigneur Desmond Tutu. Ce dernier rappel mettra en évidence les qualités de métronome de Poogie Bell à la batterie et, histoire d’enfoncer encore un peu le clou, Marcus Miller ira chercher les basses fréquences en retendant à qui mieux mieux les cordes de sa guitare, spectacle assuré ! Pour conclure je dirais que nous avons eu droit à une soirée jazz-funk de grande qualité très bien sonorisée (ce qui n’est pas toujours le cas) et qu’il nous tarde de savoir de quoi sera faite l’édition 2003 du festival « le Blues autour du Zinc ».

Alors, à toute l’équipe du comptoir magique je dis merci et à l’année prochaine ! Vous pouvez aussi consulter le site officiel de Marcus M (très bien documenté avec extraits mp3).

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Nicolas K


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