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GEORGE CLINTON
News & Interview express
Juin/Juillet 2005

NEWS
George Clinton a récupéré, le 2 juin 2005, ses droits sur les masters de quatre albums du groupe Funkadelic, "Hardcore Jollies", "One Nation Under A Groove", "Uncle Jam Wants You" et "The Electric Spanking of War Babies". La United States District Court et le juge Manuel L. lui ont accordé ce juste retour des choses, alors que par ailleurs huit autres disques de Funkadelic ont été réédités en version remasterisée, agrémentés de bonus tracks >> Infos
L'actualité ne s'arrête pas là puisqu'un nouvel opus des P-Funk All Stars devrait voir le jour fin septembre (distribution Nocturne), intitulé "How Late Do U Have 2BB4UR Absent?" et qui conmprend une participation de Prince sur le morceau "Paradigm". Par ailleurs la bande se produira le 9 septembre à Los Angeles pour un concert célébrant les cinquante ans de carrière de Clinton - qui débuta en 1955 avec le groupe de doo-wop The Parliaments -, avec la présence annoncée de Bernie Worrell, Bootsy Collins, Amp Fiddler et Raphael Saadiq. Signalons enfin qu'un nouveau DVD a vu le jour, le très bon "Live at Montreux 2004". Le tracklist >>
1. Bop Gun feat. Steve Boyd
2. Undisco Kidd (The Girl Is Bad) feat. Belita Woods
3. Flashlight / Get Low
4. Somethin’ Stank feat. Sativa
5. Hard As Steel feat. Sativa
6. Yank My Doodle
7. Flashlight (reprise)
8. Not Just Knee Deep
9. Sentimental Journey feat. Belita Woods
10. Not Just Knee Deep (reprise)
11. Up For The Downstroke
12. Bounce 2 This feat. Kendra Foster
13. Never Gonna Tell It feat. Kim Manning
14. Atomic Dog
15. Whole Gotta Shakin’Bonus
1. Bernie Worrell Keyboard Solo
2. Lili Haydn Violin Solo
3. Maggot Brain - feat. Michael Hampton & Lili Haydn 4. US Custom Coast Guard Dope Dog
5. Maggot Brain (reprise)
6. Them Changes
INTERVIEW
C'est par téléphone que George Clinton a accepté de répondre à nos questions, n'évoquant pas l'album à venir mais revenant sur son richissime parcours musical, et livrant au passage quelque définition du funk.
Fonkadelica : C’est quoi le funk ?George Clinton : C’est une philosophie. Tout ce qui est a une raison d’être. Quand tu as envie de te jeter par la fenêtre, c’est cette petite voix qui vous dit à l’oreille : "Pourquoi faire ça puisque personne ne te regrettera !"… Ne jamais se prendre au sérieux, c’est aussi ça le funk.
George, ça vous fait quel âge ?
Ca dépend du calendrier ! L'égyptien, celui de l’homme de l’âge de pierre ou celui de l’homme moderne ? J’ai au moins deux fois l’âge de Mathusalem…
Quels souvenirs gardez-vous des années 50-60 ?
The Parliaments a commencé en 1955 à Newark, New Jersey, genre doo-wap à la Frankie Lymon & The Teenagers. C’était assez drôle. Quand j’ai vu Frankie Lymon, je me souviens m’être dit : "Yeah ! Il est trop fort. Il va se faire toutes les filles, je veux être comme lui". D’où les débuts dans le doo-wop. De merveilleux souvenirs, je n’avais que treize ans.
Et ensuite ?
Ensuite, on arrive chez Motown ! Certains de nos disques ne sont jamais sortis. J’écris pour Diana (Ross, ndlr), Michael (Jackson, ndlr)… J’étais aussi auteur.
C’est dans les années 70 que ça dérape un peu alors ?
En 1968, nous avons pris conscience d’un truc : les Temptations, Gladys Knight & The Pips, tous les groupes Motown étaient bien au point : petites chansons pop bien propres, chorégraphies bien réglées… Nous avons décidé de bousculer tout ça. On s’est fait des costards avec des sacs, on a pris des draps, on s’habillait avec n’importe quel truc…Comme ça, pas besoin de blanchisseur ! Le psychédélisme est devenu une mode. Pour nous décrire, les journaux titraient "James Brown ou les Temptations sous acide". On aimait ce genre de trucs et on est devenu de plus en plus funky. J’ai vu que le rock ou le blues ne plaisaient plus aux jeunes noirs, c’était les musiques de leurs parents.
Votre funk est alors devenu la leur ?
Yeah ! J’ai fait ce que mon ami Jimi Hendrix a fait avec le rock. Je leur ai donné un hymne : "One Nation Under a Groove !". Le psychédélisme a ensuite éclaté à Detroit avec des groupes comme MC5, Ted Nugent, tous ces gens avec qui on bossait tout le temps. On s’est procuré de gros amplis…C’est Vanilla Fudge qui nous les a donné. Et on a joué du rythm & blues très très fort, c’est ça Funkadelic !
Avec un peu de drogue, non ?Un petit peu, oui, un petit peu. L’acide faisait tomber les inhibitions et la peur d’être différent. Après, nous avions l’audace de faire des trucs dingues !
Années 80 : gros succès avec "Atomic Dog". On retrouve souvent des chiens sur vos pochettes, pourquoi ?
J’adore les chiens. Ils représentent le côté instinctif de l’homme. Il y a du chien en chacun de nous. L’église a longtemps essayé de cacher ce côté là de l’homme.
Vous avez été beaucoup samplé ou devrais-je dire pillé ?
Sûrement le plus après James Brown.
Payé dans ces cas là ?
Pas toujours mais souvent, oui. Surtout grâce à mes fans, je dois bien le dire. Mes fans musiciens ont souvent dit : "Hey, mec, es-tu sûr d’être assez fort pour utiliser ces trésors ? T’as intérêt à payer les droits !". De toute façon, si le funk est aussi vivant, et moi avec, c’est grâce aux samples. Le funk, c’est comme un paquet de chips…Si tu en manges une, tu finis le paquet ! Dès qu’une partie d’un titre est samplé, les gens veulent connaître le reste.
Aujourd’hui, quel but avec la musique ?
Le plaisir de jouer ! Me faire plaisir et transmettre au public. C’est tout mais c’est déjà beaucoup.
Propos recueillis par Christophe Augros
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Discographie (très) sélective : Les albums conseillés
Funkadelic
"Standing on the verge of getting it on" (1974), "Hardcore Jollies" (1976), "One nation under a groove" (1978)
Parliament
"Up for the down stroke" (1974), "Chocolate City" (1975), "Mothership Connection" (1975)
En solo et avec les P-Funk All Stars
"Atomic Dog" (1982), "T.A.P.O.A.F.O.M" (1996)
Liens
>> Interview Bernie Worrell (2005)
>> Autour du P : Les productions satellites
>> GeorgeClinton.com
>> NewFunkTimes.com
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