
RAPHAEL
SAADIQ : "Instant vintage"
(UNIVERSAL)
Raphaël
Saadiq aime Stevie Wonder et Sly Stone. Et il s'aime aussi.
Dès le premier morceau de son album "Instant
vintage" (défini comme du Gospel Delic), des
extraits d'interviews le présentent sur un tapis
de violons à la Barry White, rappelant que ce musicien-producteur
a fait les beaux jours de Toni Tony Toné et Lucy
Pearl.
Pour son premier album, Raphaël Saadiq réussit
à s'intégrer dans le mouvement Nu-soul comme
quelqu'un de sérieux, sur lequel il faut compter.
La présence de deux stars du système, D'Angelo
(excellent duo sur "Be here") et Angie Stone
sont là pour en témoigner. Sa voix rappelle
celle de Rahsaan Patterson, fluide et sensuelle, et sa
musique a les accents de la soul 70's, boostée
aux sons R'n'B actuels. Le jeu est précis et retenu,
et les harmonies sont ravissantes. Les références
aux grands soulmen sont évidentes: il y a du Curtis
Mayflied dans "Body parts", du Stevie Wonder
dans "Still ray", du Sly Stone dans "Paithful"
et "You're the one that I like", du Temptations
dans "People", du Bobby Womack dans "Blind
man", ... Et c'est réussi.
L'album s'écoute avec plaisir. Ca ne déchire
pas, mais il y a du bien être chez Raphaël
Saadiq, et ça fait du bien. Comme Alicia Keys,
il ramène le gospel dans les charts. On ne va pas
s'en plaindre! Site web: www.raphaelsaadiq.com
Zebra

FERTILE
GROUND : « Seasons
Change » 2002 Blackout Studio :
Ce
nouvel album « Seasons Change » des Américains
Fertile Ground (leur 4ème ou 5ème) est certainement
le moins expérimental de leur production mais il
reste le plus aboutit et le plus « carré
». Les musiciens paraissent avoir fourni un véritable
travail déquipe et avoir passé du
temps sur lécriture des morceaux. Je reste
ébahi devant la performance de la chanteuse Navasha
Daya, inconnue en dehors de son travail sur les albums
de Fertile Ground, mais dont le talent na rien à
envier aux « divas » de la Soul. Sa voix se
pose à merveille sur la rythmique fluide du tandem
Basse/Batterie. La tête pensante du groupe, James
Collins, produit, joue des clavier et compose la plupart
des titres, mais fédère aussi une véritable
ambiance musicale fraternelle.
Il y a toujours ce « je ne sais quoi » qui
fait de cet album une production en marge du standard
Soul commercial, limite auto-production. La pochette et
les photos pourraient avoir été «
shooté » pendant les sessions du 1er album
dArrested Development
et cest vrai que
ce coté « Soul Ecology » qui planait
sur ce groupe colle très bien à Fertile
Ground.
Les meilleurs titres sont les ballades/mid tempos de lalbum
: « Freedom », « like Poetry »,
« more to Life » (avec Maysa Leak !), «
Drive », « Take me Higher »
Produit
sur le label américain Blackout Studio, cet album
devrait avoir dici la fin de lEté une
sortie Européenne.
Doctor
Soul

REMY
SHAND : "The way I feel" (Motown
- Universal)
Remy
SHAND est une très belle découverte ! Motown
nous sort ici un joker blanc ! Ce beau diable aux faux
airs de brad Pitt, nous montre ici son talent de compositeur,
chanteur et arrangeur. Motown nous déniche un esthète
de la SOUL. Pur bonheur musical et vocal, Rémy
nous fait penser des les 1ères notes de "The
way I feel" à un nouveau Maxwell, mélangé
à du Marvin Gaye et Prince ! La voix est haute,
suave et douce, délicatement posée sur une
ambiance jazzy soul. Pas de gri-gris, de vrais intruments,
des guitares wouah wouah, des percussions ... 11
titres composent ce 1er opus très prometteur. Les
choeurs sont tous fait par Monsieur, et souvent dans les
hautes notes de la gamme. Les synthétiseurs ont
des sons originaux, et les rhytmiques sont basées
sur les grands standards de la lover-soul, genre mercy
mercy mercy me de marvin ! Le 1er morceau marque l'ambiance
générale du cd avec ses 5 min endiablées.
Il sera alors évidemment question d'amour. "Burning
Bridges" est lui, basé sur des guitares accoustiques,
piano, et cuivres. Rémy nous prouve qu'il est autodidacte,
et que cela ne va pas s'arrêter à cet album
!
"Everlasting",
commence comme un "silently" de maxwell ...
et se finit sur un solo de guitare électrique des
plus bon ! Sur "The color of day", les orgues
hammond sont de sortie, avec des arrangements violons
par derrière ( çà sent le slow kravitzien,
mais surtout le morceau "Liberate") ! "Take
a message" est une des seules chansons à utiliser
la rhytmique électronique (avec "Rocksteady")
des années 80, légèrement callée
plus tard dans le morceau sur une caisse claire (fin mélange),
mais le plus sompteux reste l'harmonie des voix que rémy
accorde à merveille, sous les cuivres discrets.
Bref,
on ne va pas vous décrire tout l'album, car au
final .... l'ambiance des morceaux se ressemble ... ce
qui n'est pas péjoratif quand on sait la qualité
de chacun. A noter aussi que la basse est plutôt
discrète pour un album de SOUL ! Un album et artiste
à découvrir, donc !
Mpls

JAGUAR
WRIGHT : "Denials delusions and décision"
(Motive Records/Barclay)
Jaguar
Wright est la nouvelle protégée des Roots
et risque de faire parler d'elle très rapidement
sur la scène soul actuelle. Ce n'est
pas une nouvelle Erykah Badu ou une nouvelle Jill Scott.
Plus classique dans les thèmes de ces chansons,
beaucoup moins emprunt de spiritualité que les
deux divas citées précédemment, il
n'empêche que Mlle Wright a une vraie personnalité
et une vraie voix. Elle représente un peu le côté
"street" de la nu-soul.
12
Morceaux hyper produits agrémentent cet opus. La
voix de la belle est accrocheuse, battante. Produite par
Richard Nichols et James Poyser, cette jeune pantère
de Philadelphie (tiens donc !) nous surprend ! Elle a
du coffre et propose de nous le faire savoir avec des
chansons S.O.U.L certes, mais tout de même assez
rapides et rhytmées. "Country song" et
"Stay" sont là dès les 1ères
notes pour nous le faire savoir. La batterie est assez
sacadée, la rhytmique de la basse, lourde, style
the roots (bien sûr). Mais ce qui est le
plus frappant, dans la 1ère écoute, ce sont
les mélodies facilement mémorisables, grâce
aux arrangements "funky" et nappes de synthé
originales. Puis, après les 3 1ers morceaux "rentre-dedans",
la belle pose sa voix grave sur une ballade ("Love
need and want U") accompagnée par des choeurs
féminins de toute beauté.
Une
rythmique très forte nous réveille ensuite
avec "Same shit different day Pt 1", sur laquelle
Jaguar prouve son affection pour la bande "okayplayer"
des roots et compagnie. D'ailleurs, çà ne
s'arrête pas là, çà commence
! ... avec le suivant "Ain't nobody playin'"
en duo avec Black Thought (des the roots), où
une nouvelle fois, la rhythmique surprend, car très
originale et dansante. On y entend d'ailleurs les 1ers
mots rap ! Puis ... dans la lancée, les boys se
montrent ... ici sur "I can't wait", Bilal
se pose avec une chanson pompée sur le style Mpls
sound, grâce à l'utilisation de la drum
machine Lynn que Prince utilise. Cela dit : exellent
morceau avec les prouesses vocales de Bilal. "2
too many" continue le cd, avec une intro très
"stevie wonder". Sur "Self love ",
Jaguar s'amuse à construire la base du rythme sur
des effets de langues et bruits de bouche. Quant à
sa voix, elle se la joue "crouneur", avec des
effets de contre-temps uniques (ce morceau est vraiment
impressionant). Bref ... dur à décrire,
plus facile à écouter, alors ruez-vous chez
votre disquaire. Et un Jaguar W., un !!
Mpls

V.A
: "Soul Searching : Red stars sounds" (Epic/Sony)
Attention
cette compilation n'est pas une compilation comme les
autres ! Bien sur allez vous me dire, les majors ont désormais
bien senti le filon du courant "nu-soul" et
n'hésite pas désormais à nous envoyer
à toutes les sauces des artistes qui à moment
donné vont finir par se ressembler. Oui sauf qu'ici
celle-ci contient des titres rares, ou des remixes inédits
et donc pas que du réchauffé ! Des artistes
phares tel que Jill Scott, Macy Gray ou Sade font offices
de stars mais des gens comme Glenn Lewis, canadien de
nationailté (apparu dernièrement sur le
dernier album de De La Soul) fait office de véritable
découverte. D'ailleurs ce dernier devrait sortir
son album très prochainement, à suivre donc.
Le visuel de la pochette est également très
travaillé et me fiat pensé un peu aux ambiance
lounge/downtemp que l'on trouve un peu partout en ce moment.
C'est d'ailleurs la volonté de cet album réunir
des publics avides de sons soyeux et d'ambiances travaillées.
Avec cette compilation vous serez servi !
Boogie
Bass

The
Isley Brothers : "Eternal"
(Dreamworks/ Polydor)
Les
Isley Brothers fête leurs 40 ans de carrière,
et il le fête avec leur grand retour. Attention
cet album aux U.S.A a cartonné et fait la nique
à tous les petits nu-souleux de sortie. Eh oui
quand on a 40 ans de tubes derrière soit on sait
de quoi on parle et les petits morveux ne leur font pas
peur ! Mais attention ils ont su s'entourer de tous les
faiseurs de succès américains faiseurs de
tubes. Tout d'abord Jill Scott qui a écrit pour
le groupe le titre "said enough" surement un
des meilleurs de l'album. Mais, ils se sont aussi entouré
de gens comme Jimmy Jam et Terry Lewis, R.Kelly, Raphael
Saadiq, de sombres inconnus n'est-ce pas ?!! Bien sur
ne vous attendez pas à un disque qui va vous faire
bouger les fesses ! Ou plutôt si, éventuellement
sous la couette en position horizontale en compagnie d'une
bombe sexuelle ! Mais les Isley le savent, leur musique
n'est pas faite que pour être écouté
! D'ailleurs les jambes de la soubrette sur la pochette
le confirme : leur sex-appeal n'a jamais disparu ! Bon
c'est pas tout ça, chérie qu'est-ce que
tu attends pour lancer le disque, j'arrive !!!
Boogie
Bass