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ALICE
RUSSELL
Live @ Diapason [Rennes]
Avril 2006
A la sortie de l’album "Under the munka moo" en 2004 sur le label Tru Thoughts, une seule certitude : exit les désillusions causées par les derniers albums de Erika Badu et autre Jaguar Wright, nous tenions enfin la nouvelle chanteuse nu soul des années 2000.
Cette galette montrait une maturité vocale impressionnante et une ouverture d’esprit propice aux digressions musicales de cette jolie jeune Anglaise.Le deuxième album "My favourite letters" allait enfoncer le clou un peu plus d’un an plus tard. Le mélange de soul, bossa, funk, electro très réussit sur disque ne demandait qu’a être confirmer sur scène, les premiers échos laissant présager du meilleur. Il ne restait plus qu’à scruter les dates de la tournée française de la soul sister.Rennes, le 5 avril 2006. Dans la superbe salle universitaire Le Diapason, à l’intérieur du campus de l’université, le service culturel prend le pari de mettre à l’affiche la nouvelle génération soul et un des pionniers du jazz-funk, soirée de découverte pour les uns et affiche de rêve pour les autres.Les étudiants rennais encore sous pression des blocus et manifestement anti-CPE allaient s’offrir une soirée soul-funk pour oublier pendant quelques heures leur combat et se laisser aller le temps d’un live d’une grande intensité. Le Gimme Some More crew -dont je fais partie- ne pouvait rater cette occasion. Après une heure de route et quelques difficultés pour trouver le campus de Rennes 1, nous arrivons enfin au abord du Diapason ». Il est 20h et déjà une masse d’étudiants, de passionnés de black music et autres néophytes se pressent à l’entrée du complexe culturel. La chanteuse fait son apparition et déjà on lit sur son visage qu’elle est contente d’être là et qu’elle va donner le meilleur d’elle-même. (note : Les grèves les ont obligés à venir en car spécialement affrété par les organisateurs, lever 6h du mat' !)
Pour cette tournée elle est accompagnée de 5 musiciens : un batteur à la coiffure trahissant ses origines anglaises (coupe Beatles de rigueur), un grand bassiste au groove ravageur, son génial producteur guitariste TM Juke, un claviériste/savant fou très remuant et un violoniste/ chanteur à la carrure de rugbyman n éo-zélandais. Le live commence par deux titres de "My favourite letters" qui installent une ambiance soul et intimiste avec le public.
Le rythme s’accélère et ils enchainent avec un "Humankind" sautillant et laissant éclater la complicité entre Alice Russell et son violoniste. Leurs voix se complètent parfaitement et ce dernier nous étonne avec une voix proche du falsetto Princier.
Le funk reprend le dessus avec le morceau "Something that's real" normalement joué avec le Quantic Soul Orchestra, les gens dans la salle sont déjà convaincue et remues leurs corps pourtant mis à mal par les manifestations du début de semaine.
Quelques notes de guitare que l’on croirait échappées du répertoire de Fela se font entendre, c’est le "Munkaroo" qui continue de faire monter la pression et fait se trémousser les danseurs sur des rythmes afro. Ils se permettent même quelques reprises bien senties. Alice lance un "nous allons vous jouer un morceau que tout le monde connaît, il s’agit d’un morceau de Outkast, composé par Andre 3000".
S’en suit une version du morceau "Dracula’s wedding" complètement remaniée et plus loufoque ou le clavier semble s’amuser du thème original.
La charge émotionnel est à son apogée pour le morceau d’ouverture du premier disque de Alice Russell "Hurry on now", la voix fait frissonner l’ensemble de la salle. Le morceau déjà sublime sur disque prend une autre dimension en live. Une rythmique quasi militaire se fait entendre, le cover de "Seven nation army" démarre en trombe et nous confirme que cette fille peut s’approprier n’importe qu’elle morceau et le prendre à son compte.Les musiciens sortent de scène et laisse Alice Russell et le violoniste réinterpréter un standard de Nina Simone "My baby just cares for me", l’instant est magique et nous fait allègrement oublier l’original. On dit que la soul est la musique de l’âme et du coeur, ce soir Alice Russell nous a montré qu’elle en avait à revendre.
Ils concluent leur set avec "Fly in my hand"; le dernier maxi en date, entre la soul moderne et l’electro-funk des années 80. Le clavier lance des sons spatiaux que l’on dirait échappés des classiques des années glorieuses de Prince. Le groupe semble tout donner pour cet ultime track. Alice Russell et ses musiciens sont acclamés par le public qui semble avoir apprécié la prestation. Le concert a permisà beaucoup de gens qui ne la connaissaient pas de découvrir une personnalité amusante et attachante possédant une des plus belle voix de la soul moderne.Grâce à sa spontanéité, son talent et sa voix magnifique elle a démontré que la soul musique avait encore de beaux jours devant elle.
Page de l'artiste sur le site du label
Son dernier album (4/5)