ALFONZO HUNTER

Né en 1973 à Chicago, le jeune Alfonzo Hunter est révélé au public en 1996 avec la sortie de "Blacka Da Berry", son premier album solo. Cette oeuvre marque les passionnés de New jack et de R&B aux Etats Unis et en Europe. Le travail d'Erick Sermon, ancien membre du groupe rap EPMD et producteur au sein du Def Squad, explique, en partie, ce succès.
Six ans après, Hunter nous revient avec son deuxième opus. Wyclef, des Fugees, les Trackmasters et les Neptunes participent à la production, rien que ça.....L'artiste en profite pour nous donner quelques explications sur sa longue absence.

1.Pourquoi avoir attendu cinq ans pour réaliser ce nouvel album ?
Alphonso HUNTER : J'avais besoin de prendre du recul. Il me fallait devenir un meilleur homme d'affaires, un meilleur producteur. Je suis retourné à l'université Roosevelt, Chicago, pour terminer mon diplôme. j'ai mis sur pied ma société de production " Journeyman ". Nous avons deux artistes, une jeune chanteuse et un rappeur de douze ans !

2.Avez-vous eu des problèmes avec les maisons de disques ?
A.H : EMI a cessé son activité en 1996, année de la sortie de mon premier disque. " DEF SQUAD " a alors perdu sa distribution. J'ai réalisé que ma carrière ne devait pas dépendre de tels événements. A présent, j'ai plusieurs cordes à mon arc. Je suis chanteur, compositeur et producteur.

3.Quel genre de musique appréciez-vous ?
A.H : J'écoute du classique, du jazz, de la country, de la pop, du R&B… Je peux passer de Marvin GAYE et Donny HATHAWAY aux Beattles.

4.Vous venez de Chicago, une ville chargée d'histoire musicale…
A.H : C'est vrai ! Quincy JONES est de Chicago, le grand saxophoniste jazz David SANBORN aussi et bien d'autres encore. J'ai grandi avec leur musique.

5.Y pensez-vous en écrivant ?
A.H : Cela influence mon écriture. J'essaie d'incorporer ces influences au son d'aujourd'hui. Je veux toucher un public plutôt jeune. L'album est prêt ; on attend le bon moment.

6.Vous intéressez-vous à la création musicale européenne ?
A.H : Je suis très intéressé par l'Europe, surtout par la France et l'Angleterre. J'ai besoin de savoir ce qui se passe ailleurs pour élargir mon audience, enrichir ma musique

7.Y a-t-il des producteurs avec lesquels vous aimeriez travailler ?
A.H : Pour cet album, j'ai travaillé avec Neptunes, les Trackmasters et WYCLEF. J'assume une grande majorité de la production et l'essentiel des textes. Je ne veux pas que mon disque ressemble aux autres. J'essaie de penser à long terme. Nous voulons, Eric SERMON et moi, donner de la qualité à notre public. Vous avez également des producteurs de talents. Je pense surtout à DJ Cut Killer et DJ Snipper, mais il y en a beaucoup d'autres.

8.Comment vous sentez-vous avec SERMON ?
A.H : C'est un producteur talentueux. Il a une longue histoire depuis le début d'E.P.M.D. au milieu des années 80. Le " DEF SQUAD " m'a permis de travailler avec Keith MURRAY et Redman. C'est une expérience enrichissante.


9.Connaissez-vous l'histoire de la musique noire ?
A.H : Oui et j'essaie d'éduquer les jeunes. Il est important de respecter les générations précédentes qui nous ont influencés. Beaucoup de musiques d'aujourd'hui manquent d'âme, de qualité. Il est nécessaire de faire des titres-club mais on ne doit pas oublier les chansons plus sérieuses. Je parle souvent d'amour et de sexe comme dans " Queen for a Day " mais j'écris aussi sur un soldat qui part à la guerre et ne revient jamais. Je veux être un exemple pour les enfants dans mon attitude.

10.Est-il difficile de faire le crossover aux U.S.A. ?
A.H : Pour toucher un large public, il faut faire du Hip-Hop. Auparavant, la Pop permettait de faire le " crossover ", ce n'est plus le cas. Le Hip-Hop domine tout. Si tu chantes du R&B, il te faut un peu de rap. De toute façon, lorsque tu parles musique ou fric, il n'y a pas de barrière de couleur, tu peux atteindre n'importe qui.

11.Pas trop inquiet pour la sortie de ce disque ?
A.H : Je suis serein. Le public est là. Mon premier album a marqué les esprits. Je reçois encore des messages d'encouragements. j'ai un public fidèle. Quand tu fais du bon boulot, on ne t'oublie pas. Personne n'a oublié le " Carwash " de Rose ROYCE ou les groupe Heatwave, Isley Brothers… Les clubs jouent encore leurs titres. J'essaie d'écrire des chansons " catalogues " que les maisons de disques pourront vendre longtemps .

Propos recueillis par Christophe Augros

Site officiel : http://alfonzohunter.does.it/


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