EN AMERIQUE DU NORD
Le premier groupe d'envergure de l'hémisphère
nord demeure The
Daktaris. Sur le papier, une dizaine de musiciens nigérians,
unis pour un hommage à Fela à travers un album vraiment
très très original sorti en 1997 chez Desco,
l'ancêtre de Daptone
Records (Sharon Jones, Lee Fields...). Si vous souhaitez découvrir
l'afrobeat aujourd'hui, on ne saurait vous conseiller meilleur
choix en guise d'introduction. Pour quelles raisons ?
D'abord parce que les compositions sont toutes vraiment originales
et que les grooves matraqués par le combo vous resteront
dans la tête pendant un bon moment après écoute.
C'est donc un album facile à écouter, composé
de formats radios de quatre ou cinq minutes qui pour nos petites
oreilles d'occidentaux forgés aux hits de 3'30
permettent de se familiariser avec l'afrobeat, sans pour autant
devoir se farcir les interminables titres de Fela; car reconnaissons
qu'il n'est pas aisé pour un néophyte
d'apprécier ce dernier d'emblée.

The Daktaris est donc vraiment très intéressant de ce point de vue, et la qualité des compos et des musiciens ne fait que donner encore plus de crédit à cet album. Et là, c'est le drame ! Il s'agirait d'un groupe de petits blancs de Brooklyn qui auraient trompés leur monde en feignant la nationalité nigérianne. Quoi ?? Des blancs qui font de l'afrobeat ??? Oui, ils sont en réalité des membres des Soul Providers et du futur combo New Yorkais Antibalas ! Qu'on se le dise, car la preuve en est faite : les blancs savent jouer l'afrobeat. Leur unique album, "Soul Explosion", est donc une pure merveille qui malheureusement sera le seul d'un groupe qui n'aura jamais
vraiment existé et qui aura pourtant frappé un grand coup. On peut cependant trouver un titre inédit du groupe qui s'appelle "In The Middle", en face B d'un single 45t sorti également chez Desco. Sachez aussi que l'album est aujourd'hui difficile à trouver, aussi bien en CD, en vinyl original qu'en réédition...

The Daktaris disparus,
c'est alors toujours depuis New York que la relève va s'organiser,
via le groupe Antibalas
Afrobeat Orchestra. Et quelle relève ! Ce groupe
s'impose aujourd'hui comme le nouveau chef de file du mouvement
insufflé par Fela. Le groupe a réalisé 3 albums :
"Liberation Afrobeat Vol.1", "Talkatif" et le
dernier en date (et de loin le meilleur) "Who Is This America",
sorti en 2003. Le groupe vend également lors de ses concerts
et via son site internet un 5 titres auto-produit, "Government
Magic", convaincant mais dont la production laisse un poil
à désirer. Un maxi vynil 2 titres est également
sorti en 2006. Fidèles aux réalisations précédents,
les 2 titres, "K-Leg" et "ROC" envoient la sauce
avec un petit goût de nouveauté : quelques effets
de voix détunée relativement inhabituels, et un style
sous-jacent latin déjà introduit sur "Who Is
This America". Ici encore la production n'est pas des plus
abouties mais tout nouveau titre de ce collectif unique est bon
à prendre, d'où qu'il vienne.
On reconnaît en eux la verve
de Fela, la revendication politique omniprésente, et surtout
une grande facilité, dextérité même,
pour faire monter la sauce jusqu'à ce que chaque gambette
de la salle où ils auront décidé d'asséner
leur poison se mette à remuer ! Ceux qui les ont vu
en concert sauront de quoi je parle. Pour les autres, amateurs ou
non d'afrobeat, allez les voir, je vous garantis qu'ils se chargeront
de vous insuffler un mouvement du bassin que vous ne soupçonnez
même pas être capable de faire. Car leur force c'est
le groove, à la manière de Fela, mais avec un atout
supplémentaire : là où le charisme de
Fela avait poussé les membres de son groupe au deuxième
plan, les Antibalas forment un collectif d'une unité assez
impressionnante. Même si des leaders se dégagent de
la quinzaine de zicos qui composent ce collectif (NB : tout
le groupe n'est pas en même temps sur scène, il y a
par exemple plusieurs bassistes qui alternent), et notamment Martin
Perna (cf
notre interview), le sax à l'origine
du groupe, ou encore le charismatique chanteur Amayo.
On sent toujours à l'occasion de l'une de leurs prestations
que chacun occupe un rôle primordial au sein du groupe, et
que c'est tous ensemble qu'ils vous contaminent.



Notons enfin à
leur propos que les membres ne sont pas du genre à se contenter
de leur déjà fabuleux projet collectif; nombre d'entre
eux ont monté des projets parallèles à travers
lesquels l'afrobeat apparaît toujours en toile de fond. Le
chanteur Duke Amayo d'abord, qui en compagnie de
son Amayo's
Fu Arkist Ra, mélange de culture afrobeat et
de kung-fu (si si !), a publié un disque en 2001. Peu
de titres sur cet album, "Afrobeat Disciples"
(dispo en CD-R sur CDBaby.com
et en vynil), mais certains peuvent atteindre les vingt minutes.
Que du bon comme d'hab', et notamment des lignes de cuivres entêtantes
au possible. Le chant est peut être moins travaillé
que pour Antibalas, mais le rendu instrumental est assez énorme !
Certains de ces titres sont parfois joués en live par Antibalas
(notamment le très bon "Tick Tock Mother Talker").

Martin Perna,
saxophoniste et fondateur du collectif New-Yorkais, a lui aussi
frappé en solo. Ou plutôt accompagné d'un autre
comparse, Adrian Quesada (de Grupo Fantasma),
avec l'album "El Nino Y El Sol" sous
le nom de Ocote
Soul Sounds (devenu depuis le nom de son
label). En résulte une musique afrobeat-ambient-planante
très lounge à base de mélanges d'instruments
traditionnels et de numérique. Les mecs ont de la bouteille,
et le résultat s'en ressent.
Le petit
dernier c'est le guitariste latino de la bande : Marquitos
Garcia, qui sous le nom de Chico
Mann a sorti dernièrement son premier album
solo. Un gros mélange de pleins de sons pour un afro melting-pot
plutôt réussi, bien qu'assez particulier.
L'âme
de Fela est grâce à eux donc perpétué
à travers le monde, mais tout cela va bien plus loin, car
il y a des dizaines d'autres groupes qui à l'instar d'Antibalas,
s'engagent aujourd'hui sur les voix de l'afrobeat. Il est encore
difficile d'en faire une classification, et même de les recenser
tellement leur nombre est croissant, comme à la grande époque
en Afrique de l'Ouest, ou presque...

La formation qui rappelle
le plus Antibalas, c'est Nomo.
Totalement inconnu en France jusqu'à peu (c'est tellement
mieux de nous envoyer Britney par charter), ils ont sorti un premier
album éponyme début 2005. Moins africaine dans l'âme
mais tout aussi efficace, la formation s'appuie sur un background
jazz pour cuisiner des riffs massifs et originaux. Un deuxième
album est sorti en juin 2006 : "New Tones".
Et l'album porte bien son nom. Le groupe s'y applique à apporter
une nouvelle vibe à l'afrobeat : on croirait entendre
le son des congolais de Konono
n°1 avec leurs boites de conserves amplifiées
et saturées ! Nomo est l'un de ces groupes qui fabrique
et vend ses propres instruments pour arriver à ses fins (le
kalimba éléctrique, ça vous dit quelque chose ?).
Le résultat est complètement novateur, et met en exergue
la volonté du groupe de s'émanciper et de marquer
leur différence avec les groupes "clones" d'Antibalas.
Vu le professionnalisme, le talent et le niveau technique des musiciens
qui composent ce groupe, le résultat ne pouvait qu'être
unique et très qualitatif.

Plus connu, les canadiens
du Kokolo
Afrobeat Orchestra. De l'afrobeat pur, efficace, porté
par un chant parfois un peu trop occidental mais aisément
rattrapé par d'irrésistibles compositions. Ils ont
sorti deux albums : "Fuss & Fight"
(qui a été réédité) et "More
Consideration". Dans la même veine, le chant
très américain de leurs compatriotes d'Afrodizz
est porté par une section cuivre solide et très originale,
notamment sur les chorus. Un nouvel album vient de voir le jour,
"Froots", et à l'instar de Nomo
avec "New Tones", le groupe tente de s'émanciper
de l'afrobeat pur et dur. Cela sonne très rock, très
lourd, très U.S., une écoute approfondie est donc
nécessaire notamment pour la profondeur des lignes de cuivres.
Restons au Canada, car on ne peut oublier le SoulJazz
Orchestra. Deux opus au compteur, le premier aux grooves
très jazzy, et surtout le second, "Freedom No
Go Die", aux forts accents afrobeat, latin et même
caribéens ! Accents car le groove dégagé
par ces très bons musiciens d'Ottawa leur est bien propre.
Ils ont leur son et peuvent difficilement être catalogués.
C'est du Souljazz Orchestra à forte consonance afrobeat et
ça envoie grave, tabernacle ! Encore du très
haut niveau...


Parmi les "clones"
d'Antibalas , découvrez le Akoya
Afrobeat Ensemble. Du très très bon,
so groovy, dosé de petites vibes hip-hop. Un ensemble encore
une fois très revendicatif, écoutez notamment les
titres "Star Wars" et "USA (Unilateral System of
Attack)". Un album au compteur "Introducing The Akoya
Afrobeat Ensemble", à ne pas laisser passer. Ce groupe
est d'ailleurs dirigé par Kaleta, chanteur
qui sévit dans plusieurs groupes tous aussi délicieusement
afrobeat les uns que les autres : Kaleta,
Zozo Afrobeat
et d'autres encore… Même refrain pour Ikwunga
: des ricains d'origines diverses dans la lignée d'Antibalas,
du spoken word la rage au ventre et une bombe qui s'appelle..."Di
Bombs" !
Restons encore un peu aux Etats-Unis en Amérique du Nord.
Y aurait-il une mode un revival afrobeat ces temps-cis ? Le nombre
de groupes émergeants est exponentiel : The Budos
Band, dont l'album éponyme publié en 2005
sur Daptone a fait parlé de lui jusqu'ici, Boston
Afrobeat Society, Aphrodesia,
FemmNameless
(un groupe composé de 14 femmes !), le massif collectif
Albino!,
Ultra
Magnus, Tinsaedu, Jujuba,
The
Odu Afrobeat Orchestra, The
Afrodelic Stegosaurchestra, Mifune,
The
Afromotive, Superkali, Chicago
Afrobeat Project, Mr.
Something Something, Afrobeat
Down, The Baltimore Afrobeat Society,
Chopteeth, The Afro Kings et tant
d'autres encore à suivre attentivement, quitte à faire
le tri par la suite.

EN GRANDE-BRETAGNE
Passons maintenant à la Grande-Bretagne, à laquelle
je rattacherai Femi Kuti (lien
site officiel), l'un des fils de Fela, celui
que tout le monde connaît. Simplement parce que son éducation
l'a été (anglaise) et que sa musique en porte des
influences bien marquées. Un artiste qui représente
mal ce qu'est l'afrobeat d'aujourd'hui, car s'il a repris les rennes
des mains de Papa -ce qui fut loin d'être évident-,
il a forgé son propre groove, avec une nette volonté
d'émancipation. Son dernier album "Africa Shrine"
est néanmoins plus afro que les précédents ("Shoki
Shoki", "Fight To Win"
et "Shoki Remixed") et de loin le meilleur.
En concert c'est un spectacle à voir notamment pour ses choristes,
danseuses frénétiques.

Son jeune frère Seun Kuti,
quant à lui, joue l'afrobeat de papa comme papa... Attendu
au tournant, on a longtemps entendu parler de lui sans pouvoir se
faire d'idée réelle sur sa musique. Toujours pas d'album
à son actif, mais le bonhomme tourne aujourd'hui beaucoup,
accompagné du légendaire (ou ce qu'il en reste) Egypt
80, et convainc tout son monde ne serait-ce que par son
charisme qui n'est pas sans rappeler daddy… L'homme bouge,
chante, joue avec la même rage (en apparence au moins) que
son vénéré père : on attend la confirmation
sur disque.

Toujours au chapitre UK, et à découvrir tout particulièrement : Ayetoro. On pourrait qualifier sa musique de jazzfrobeat ! Un groove très jazzy mais clairement afro, c'est très particulier. Il existe deux très bons albums, "The Afrobeat Chronicles" 1 et 2. Seulement voilà, le leader, avant de venir à Londres, avait déjà enregistré ses chansons avec son groupe à Lagos. Aucun album de ces versions, mais elles sont téléchargeables sur certains réseaux et valent le détour. 2 titres à écouter d'urgence dans le repertoire de Ayetoro : "Mr XYZ" et "The Revenge Of The Flying Monkeys".


Keziah Jones,
que tout le monde connaît en France pour son tube "Rhythm
is love", nous a également gratifié en 2003 d'un
superbe disque dont lui seul à le secret : "Black
Orpheus". Un retour aux sources pour ce génial
guitariste qui a laissé de côté son blufunk
afin de revenir à des compositions plus africaines dans l'âme.
Bien que n'étant pas un album d'afrobeat à proprement
parlé, il mérite toute votre attention si vous n'avez
encore jeté votre dévolu dessus (NB : Il existe
une édition spéciale 2CD qui comporte une dizaine
d'inédits et autres lives très intéressants).
L'ami Keziah
a également contribué à hauteur d'un titre
sur l'excellent album des Soothsayers
: de l'afrobeat à la sauce dub anglaise, planant, précis,
varié (plusieurs chanteurs, plusieurs styles…). Un
mot également sur les londoniens de Oddjob,
dont l'afrobeat est beaucoup plus funky, mais avec le même
souci de précision pour un groove dansant et festif.
On attendait
aussi beaucoup de l'album annoncé "de la dream team
de l'afrobeat", à savoir Bukky Leo
et son quartet gagnant sur l'album "Afrobeat Visions"...
Mais voila, le soufflé s'est dégonflé dès
la sortie de l'album. Pas grand-chose à se mettre sous la
dent, ça sonne electro, presque dance et la présence
de Tony Allen on the drums n'y fait pas grand-chose…
Faites plutôt un tour chez Inemo,
leur son est certes un peu trop 80's, probablement faute de moyens
de production, mais les idées sont bonnes. L'album s'appelle
"Afro Funky Beats". A écouter
de même : Nephews
Of Phela, les rejetons de Fela version années
2000 et acid trip.


EN
FRANCE
Descendons un peu au sud pour arriver sur nos biens chères
terres de France. On sait que Manu Dibango et Tony
Allen y ont depuis bien longtemps posés leurs bagages.
Mais ils ne sont pas les seuls, car l'afrobeat en France prend son
envol... pour de bon ? Frank Biyong, camerounais
installé lui aussi en France, est leader du groupe Massak
qui distille un afrobeat à mi-chemin entre celui de Fela,
une world ensoleillée et un hip-hop africain, redondant ces
dernières années. Aussi bien en live avec Massak
qu'en solo, il fait progresser l'afrobeat vers des cieux encore
inexplorés. Son dernier single "Power Of Brain"
featuring Wunmi est excellent, l'afrobeat
du futur, satiné de samples, de grooves éléctros
et de précision numérique. Encore un mélange
qui hume bon... Il en est de même pour le groupe Fanga
Afrobeat qui a clairement la même démarche :
innover, tout en sachant faire fructifier un patrimoine que l'on
sait déjà très riche. Pas facile donc, et pourtant
Fanga s'en sort plus que bien à travers un premier album
d'une grande qualité, "Afrokaliptyk",
après plusieurs EP tous aussi convaincants. Et pour couronner
le tout, ces messieurs nous gratifient d'un nouveau maxi vinyl 3
titres featuring Mister Tony Allen himself : "Akli
Yélé". Signalons également la
présence dans l'hexagone il y a encore peu de temps de Segun
Damisa & the AfroBeat Crusaders, un ancien compagnon
de route de Fela qui a monté son band à Bordeaux.
C'est du tres bon et vrai afrobeat, roots et mélodique à
souhait ! Un orchestre massif et chaleureux. Segun est malheureusement
décédé d'un cancer durant l'été
2006, et le groupe cherche un chanteur nigerian pour le remplacer...
A noter enfin trois autres noms à découvrir,
Café Crême & les Frères Smith,
Black
Pyramid et The Afrobeat Messengers.


CONCLUSION
L'afrobeat a grandit, émancipé de son géniteur, suffisamment grand pour engager son propre métissage. De nombreux groupes l'ont compris, et l'armée des afrogroovers prend chaque jour son envol. Le plus étonnant est peut être de ne pas y trouver d'usurpateur, d'intérimaire à temps partiel ou autre récupérateur. Bien sûr la qualité diverge d'un ouvrage et d'un artiste à l'autre, mais on sent de manière quasi permanente pour chacun de ses protagonistes une volonté de rendre hommage au style dans le respect et la volonté de son créateur, en s'en servant comme d'une arme, et sans oublier de le faire évoluer. C'est dire à quel point Fela a su s'y prendre...
Alors chaque
jour on entend parler ici et là de groupes qui émergent
ou qui sortent de l'oubli. Aux Etats-Unis c'est la déferlante
Antibalas. Que d'émules : Afrobeat
Down, Aphrodesia, Chopteeth,
The Afro Kings, Mr. Something Something,
etc... On dénombre des groupes d'afrobeat dans le monde entier
: de la Suède (Ramses
Revolution) à Israel (Kutiman,
Koloma),
en passant par la Belgique où officie la Belgian
Afrobeat Association (cf album "The king is among
us"), le Brésil avec le producteur Ze
Nigro, la Hollande avec AIFF,
la Suisse avec le groupe Professeur
Wouassa, ou encore en Espagne avec dj Floro
et son étonnante compilation "Republica Afrobeat Vol.2"),
etc... Quid de l'Afrique ? Lagbaja, la nouvelle
star, relève le défi, et les dernières révélations
(notamment via Myspace.com)
se nomment Lekan
Babalola et ses orchestrations grandioses,
Salvador
Sango ou Femi
Abosede.
L'afrobeat
a ses racines en Afrique, des groupes continuent donc d'y foisonner
bien que la mode soit aujourd'hui au hip-hop, mais le continent
demeure celui de la Colonial Mentality dénoncée par
Fela, de l'International Thief Thief... Les majors y ont depuis
longtemps fermé boutique et ne prennent de toute façon
plus la peine de faire du développement de groupes, quelque
soit leur origine. Si en outre vous êtes douze sur scène
et que vous n'êtes pas d'accord pour remplacer votre section
cuivre sur une tournée par un clavier Bontempi, vous resterez
à la maison. Pas la peine d'épiloguer ou de philosopher
sur la situation, puisque tout le monde la connaît. Juste
une chose : ouvrons les yeux et les oreilles !
Martin Smith avec la participation de t@nGi
A suivre
>> Compilations
: La sélection
Ière Partie >> Fela etcaetera
RETOUR