LONNIE LISTON SMITH
Universal Expansions
Interview

Avril 2006

+ Photos du concert des TEMPTATIONS, qui partageaient l'affiche
de la Groove 'N Funky Night Session 4 avec le claviériste, le 20 mars 2006


FONKADELICA : Vous êtes considéré aujourd’hui comme une des icônes du jazz-funk, voir du jazz en géneral. Vous avez une carrière de plus de 30 ans et en France une de vos chansons ("Expansions") sert de bande son pour une publicité graphiquement très moderne de téléphonie mobile. A quoi associez vous cette longévité et la modernité de vos chansons qui n’ont pas pris une ride ?

LONNIE LISTON SMITH : Lorsque j'ai écrit la chanson la première fois, j'ai essayé d'avoir une chanson que vous pouviez entendre sur tous les canaux TV et radio, j'essayai d'avoir un son "universel". Quand j'ai entendu “Expansions” sur la TSF l'autre jour, cela sonnait comme le son d'aujourd'hui, c'est à dire "fresh" !

F : C'est utilisé en musique de pub ici en France, pour une compagnie de forfaits pour mobiles.

L: Vrai ! C'est super ! Yeah.

F : Comment trouvez-vous l’évolution de la technologie musicale ? Préférez-vous le matériel que l’on utilise aujourd’hui ou celui qui était utilisé dans les 60’s, 70’s ?

L : Je me fous d'utiliser les bons sons ou pas. Si vous pouvez trouver votre propre son sur votre instrument, c'est bon, çà suffit !

F : Pour revenir à votre carrière, pourquoi cette orientation soudaine vers le funk (à partir de 74, avec "Cosmic Funk") après votre participation à d'importants manifestes libertaires, souvent très proches du free-jazz. Quelles ont été vos principales influences musicales à ce moment là ?

L: Lorsque je travaillai avec Miles Davis, il avait un wah-wah spécial à sa trompette. Donc, lorsque j'ai découvert cela, j'ai mis ce wah-wah sur mon Fender Rhodes. Vous pouvez l'entendre sur “Expansions”. Cela marche !

F : Vous avez joué pendant plusieurs années au côté de Pharoah Sanders, quels souvenirs gardez-vous de cette période ? Une anecdote à nous raconter ?

L : Avec Pharoah nous étions très experimentaux. Parceque Pharoah peut jouer divinement du saxophone et c'est facile pour lui, mais pour moi, au piano, je devais faire plus de sons pour avoir ce son si particulier que l'on recherchait. Moins nous répétions, et mieux cela sonnait ! C'est étrange mais vrai ! On venait sur scène et on expérimentait en live tous les deux.

F : Miles Davis a également fait appel à vous pour les albums "On the corner" et "Big Fun" ? Est-ce que ça a été une rencontre importante pour vous ?

L : C'était très important. je veux dire personnellement et, vous savez, au niveau de l'ampleur de ma carrière. Parceque tout le monde voulait travailler avec Miles. Lorsque les gars quittaient le groupe de Miles Davis, ils étaient prêts pour former leur propre groupe. Car Miles vous rendait plus fort ! J'avais à apprendre et créer en même temps avec lui ! Lorsque je travaillais avec Miles, je jouais du Fender Rhodes.

F : De vos 30 carrières, y’a til un album ou une période de votre vie artistique que vous préférez ?

L : Je reviens toujours à “Expansions” , car "Expansions" fut distribué dans le monde entier. Et, aujourd'hui, au Japon, en France, partout, les jeunes me découvrent avec cet album...et j'aime cette idée, c'est ce que j'ai voulu faire !

F : On a l’habitude de vous voir avec un chapeau (bob) et des lunettes. Pourquoi une telle panoplie ? Une envie de se démarquer ? D’avoir un signe de reconnaissance ?

L : Bien, parce que la musique et la couleur vont ensemble. Avec un chapeau sur scène, les lumières le couvrent, et il change, il évolue et rayonne partout sur scène. C'est fun...

F : Ces dernières années, de nombreux artistes jazz-funk ou soul-jazz sont revenus sur le devant de la scène ou ont été remis au goût du jour. Certains internautes rêvent de voir se former un groupe jazz-funk composé de stars (Roy Ayers, Herbie Hancock, Paul Jackson, George Benson…). Une telle aventure vous tenterait-elle ?

L : Vous le savez ? Actuellement, certains organisent, ils ont réuni : moi-même, Roy Ayers, Jean Carne, Ronnie Laws, Bobbi Humphrey, et le gars des Crusaders qui joue le trombone. Ils organisent un tour, et on commence en juin 2006. On va faire des dates en Europe, et certaines en Amerique.

F : Y’a t’il des artistes avec qui vous aimeriez ou auriez aimé jouer ?

L : J'aime l'idée du nouveau tour avec d'anciens amis. Vous savez, j'ai découvert Marcus Miller, donc j'aimerai nous réunir de nouveau, pour enregistrer un nouvel album.

F : Etait-ce sur “Dreams Of Tomorrow” la 1ère fois que vous avez travaillé avec Marcus ?

L : Etait-ce "Dreams Of Tomorrow" ou c'était dans "Loveland" ? Lequel ? Je ne sais plus...heu...On était dans les studios de Columbia... Columbia m'a dit : "Peux-tu prendre ce gars dans ton album ?" j'ai dit "Je ne sais pas, il sait jouer ?", ils ont dit "Il peut ! Crois-nous" et c'était bon ! On a joué ...

F : Avez-vous un nouvel album en préparation ? Quels sont vos projets ?

L : De suite, je vais beaucoup tourner et faire des concerts. Mais, faire un nouveau disque est une bonne idée, mais j'aimerai faire un album parfait de nouveau...donc... (pensif)

Propos recueillis par Nate

DISCOGRAPHIE (infos, tracklists, musiciens...)




GROOVE 'N FUNKY NIGHT SESSION 4
PHOTOS
Le 20 mars 2006 au Bataclan [Paris]

THE TEMPTATIONS REVUE feat. DAMON HARRIS

Photos © Jean-Philippe Humbert (2006)

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