DON BLACKMAN

Né dans le Queens, New-York, en 1953, il est le cousin du meilleur ami de McCoy Tyner, le clavier de John Coltrane. Son voisin de palier est Charles McPhearson, leader d’un groupe dans lequel Don va jouer.
Pendant les années 70, il est très influencé par le travail d’Herbie Hancock et de George Duke. Il apprend le synthé électrique et joue bientôt avec Parliament/Funkadelic. Il devient ensuite le fondateur du groupe Twennynine de Lenny White.
En 1981, sa chanson « Haboglabotribin’ » est enregistré par le pianiste Bernard Wright pour G.R.P. Le label le signe alors pour un unique album, Don Blackman, sur lequel figurent les hits « Never Miss A Song » et « Heart’s Desire ».
Plus tard, il joue avec Roy Ayers sur l’album You Might Be Surprised, en 1985 et avec LaLa.
Cet unique album est l’une des plus forte vente dans l’histoire du Funk et reste une des références les plus recherchées encore aujourd’hui.
Il a également joué avec Mary J.Blige ( « Feel Like A Natural Woman » ), Janet Jackson ( « That’s The Way Love Goes » ) et Sting ( « Brand New Day » ). Certains de ses titres ont été samplés par les rappers Snoop Doggy Dogg et Master P.


Quelles ont été les influences du jazz sur votre musique ?

Don Blackman : Mes influences jazz sont McCoy Tyner, Herbie Hancock, George Duke, Oscar Peterson, Art Tatum, Keith Jarrett, Thelonious Monk et Phineas Newborn.

Quels souvenirs gardez-vous de la période passée avec Parliament ?

D.B : En fait, je n’ai jamais fait partie du groupe, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. J’ai joué avec eux à plusieurs reprises et je suis devenu très ami avec certains des membres comme Gary Shider, Michael Hampton, Greg Thomas et George Clinton.

Avec votre premier album, vous avez influencé de nombreux artistes et de nombreux fans. Comment l’expliquez-vous ? Qu’avait-il de différent ou de nouveau ?

D.B : C’est toujours une bénédiction pour un artiste de pouvoir influencer un autre artiste ou un fan mais pour moi, il n y avait rien de nouveau ou de différent dans cet album. Ce n’était que moi.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour enregistrer ce nouvel album solo ?

D.B : On m’a souvent posé cette question. Les maisons de disques aiment contrôler leurs artistes. Elles pensent pouvoir décider de ce qui est bon et de ce qui devrait être enregistré. Pourtant, une grosse majorité des responsables des maisons de disques ne connaît strictement rien à la musique. Tout ce qu’ils connaissent, c’est le dollar ! Comme artiste, je sais ce que je ressens et ce que je veux transmettre et je veux avoir un contrôle artistique sur mon travail. Pour la plupart des artistes, il en va de même. Sans ce contrôle, je me sentirais comme une prostitué contrôlée par son proxénète. Je n’appartiens à personne.

Vous avez joué avec des artistes jazz, des artistes funk et certaines de vos chansons ont été samplées par les rappers. Quelle est votre opinion sur la musique d’aujourd’hui ? Ou si vous préférez, quelles différences y a t-il entre la période de vos début et aujourd’hui ?

D.B : En y pensant bien, la musique n’est pas si différente. Les rappers samplent la musique des années 60, 70, 80 et 90. James Brown est l’artiste le plus samplé au monde. Alors lorsque j’entends un disque avec des samples empruntés au funk, je me sens bien parce que le funk est toujours vivant et il le sera toujours.

Avec quels artistes ou producteurs aimeriez-vous travailler ?

D.B : En studio, j’aimerais travailler avec Will Smith, Marcus Miller, Kelly Price, Jennifer Holiday, Faith Evans, Michael Jackson, Janet Jackson et Natalie Cole. Il y en a d’autres mais la liste serait trop longue.

Que pensez-vous de l’industrie du disque aujourd’hui ? Certains artistes, comme Al Jarreau, m’ont dit : « Maintenant, les radios sont toutes puissantes et on doit faire de la musique pour les radios » : Est-ce votre avis ?

D.B : L’industrie de la musique a changé de façon dramatique comme nous le savons toi et moi. La vraie créativité n'existe plus. Oui, les radios sont toutes puissantes et si ton disque ne passe pas sur les ondes, personne ne sais qu’il existe.

Quel genre de musique écoutez-vous ?

D.B : J’aime écouter Will Smith, John Coltrane, Parliament Funkadelic, Sting, Patrice Rushen, Weldone Irving Jr.( mon frère ), Janet Jackson et son frère Michael. J’aime toutes les musiques.

Pourquoi avoir fait un album en hommage à Amadou Diallo ?

D.B : C’est Weldon Irving Jr qui en a eu l’idée à cause des assassinats insensés perpétrés contre les noirs en Afrique du Sud et ailleurs. J’ai été plus qu’honoré lorsqu’il m’a demandé de faire partie du projet.

Vous avez joué avec Miriam Makeba et Hugh Masekela, deux artistes qui ont eu de sérieux problèmes avec le racisme. Miriam Makeba a connu des problèmes avec sa maison de disques à cause de ses idées sur le sujet. Etait-ce une riche expérience d’être à leur contact ?

D.B : J’étais très proche d’Hugh Masekela. Je l’appelais affectueusement « Uncle Hughee ». J’ai joué avec lui à Johannesburg en 1980. Miriam Makeba était là également. Oui, c’était un honneur et un privilège de travailler avec eux.

Vous avez monté la formation « Family Tradition » : Dans quel but ? Où avez-vous rencontré ces artistes ? N’est-ce pas trop difficile de monter ce genre de projet ?

D.B : Je connais Barry Sonjohn et Steve Horton depuis l’enfance. Nous étions du même quartier. Desire White est ma demi-sœur. Quand à Eddie Martinez, je l’ai connu grâce à Denzil Miller lorsque j’étais dans le groupe de Lenny White.
Mon cousin David Blackman m’a emmené à l’Apollo en 1980 pour écouter Parliament Funkadelic. Alors que nous étions dans le hall pour acheter nos tickets, certains des membres du groupe m’ont reconnu et m’ont permis d’entrer gratuitement. Puis Gary Shider m’a demandé de monter sur scène avec eux. Tout en jouant, je ne pouvais décoller mes yeux et mes oreilles du batteur. Ce batteur n’était autre que Dennis Chambers qui fait maintenant partie de « Family Tradition ». Le reste est de l’histoire.

L’Europe : C’est important pour vous ? Beaucoup d’artistes américains se moquent de ce continent parce que 80% de leur vente se font aux USA. Et vous ?

D.B : Je n’ai rien de négatif à dire sur l’Europe, au contraire. Si j’existe encore, c’est en grande partie grâce à vous. Quant au niveau des ventes, ça dépend de la personnalité de l’artiste et de l’aide de la maison de disques. La règle est souvent 20% de talent et 80% de business.

Etes-vous attiré par la drum & bass, la house et les nouveaux courants musicaux ?

D.B : La Drum & Bass, c’est vraiment cool ! Je l’étudie beaucoup et je réfléchie à une façon de l’intégrer à ma musique pour faire un pas ou deux en avant.

Propos recueillis par Christophe Augros

Découvrir le nouvel album et le commander sur le Site officiel : http:www.donblackman.com

Le 1er ALBUM : Ici


RETOUR